MILANARTS

MILAN RADIC

Par Claire Maingon le 25 octobre 2007 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Foujita203 Voilà une exposition que je ne manquerais pas d'aller voir, celle qu'organise la toujours dynamique et sérieuse Maison de la culture du Japon à Paris. On y est rarement déçu. Après les cubistes japonais, l'exposition actuelle est dédiée aux japonais fous de Paris. L'idée, extrêmement louable, est de sortir des sentiers battus qui nous évoquent sempiternellement la seule personnalité de Léonard Foujita. Certes, il est très important et fut une grande figure de ce que André Warnod a qualifié d'Ecole de Paris (ces étrengers venus à Paris pratiquer l'avant-garde dans les années vingt). Mais il ne fut pas seul.

On pourra par exemple découvrir la personnalité de Seiki Kuroda ou de Chû Adai. Ces artistes, attirés par l'enseignement du cubisme ou chantres de l'académisme, ont ensueite rapportés leurs expérimentations européennes au Japon où un art d'inspiration européenne s'est développé. Ces échanges culturels sont particulièrement intéressants et attirent de plus en plus le regard des historiens de l'art. C'est une belle exposition qui nous apprendra donc quelque chose d'utile et de fécond pour la recherche. Par Ailleurs, à cette occasion, le département de l'Essonne ouvre au public la maison-atelier de Foujita à Villiers-le-bel et présente quatre toiles monumentales du japonais le plus célèbre de Paris au Chateau de Chamarande.

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Othon Friesz débarque au Havre

Par Claire Maingon le 17 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

S03cimpv Le Havre est une ville chanceuse. Elle est la patrie d'origine, la terre natale de plusieurs artistes importants dans l'histoire de la modernité picturale française  dont Raoul Dyfy et Othon Friesz. C'est à ce dernier, qui n'est pas le plus connu des Fauves, que le musée Malraux consacre une importante rétrospective. L'exposition qui a été d'abord montrée à Roubaix et à Céret, réunit 160 oeuvres, ainsi que de nombreux objets d'art décoratifs. Car ces artistes, ainsi que l'avait fait Gauguin avant eux, ont porté l'objet (vases et assiettes) au rang d'oeuvres d'art. Comme si l'utile joignait l'agréable. Il n'y a pas de sacralité dans la pratique artistique, pas de différence en somme entre les arts majeurs et mineurs semblent nous dire ces créations redécouvertes.

Friesz, qui mérite amplement de trouver sa place dans l'histoire de l'art, est qualifié de "fauve baroque". Compagnon de Matisse et de Derain dans l'épopée de la couleur au Salon d'Automne puis dans le Sud, admirateur de Cézanne, il a également été un acteur important de la vie artistique dans sa ville natale. Cela sera un des grands intérêts de l'exposition du Havre et  du catalogue. Celui de montrer le rôle joué par Friesz dans la fondation du Cercle de l'Art moderne du Havre, un foyer de modernité artistique qui a accueilli de nombreux talents dans les débust du 20e siècle, comme Van Dongen ou Henri-Edmond Cross.

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Herms assemble

Par Claire Maingon le 8 octobre 2007 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Gherms8d Les assemblages de George Herms, je les préfère presque aux assemblages cubistes. Alors bien sûr, est-ce comparable me direz-vous? Un assemblage peut bien être comparé à un autre assemblage, même s'ils datent de deux époques différentes. Herms, artiste californien né en 1935,  trainé ses guètres dans le mouvement beatnik des années 60, à San Francisco j'imagine. Il réalise alors ses premiers collages, après avoir écrit de la poèsie, et après même avoir failli devenir ingénieur. Herms devient alors de leader de ce que l'on appelle le mouvement de l'Assemblage californien, une formation qui émerge aux Etats-Unis dans les mêmes temps que le Nouveau Réalisme en France et que le néo-dadaïsme à New York.

Il assemble des objets hautement improbables, récupérés et vieillis. Comme une superposition du réel. Comme tous les assemblages, on ne sait trop classer ces objets entre peinture et sculpture, peut-être ni l'un ni l'autre finalement. On peut dire que George Herms n'est pas tellement connu en France. Un peu comme le peintre de la nouvelle objectivité allemande Raederscheit. Mais c'est une autre histoire, ce sera pour un un autre blog. L'oeuvre de Herms avait figuré dans l'exposition Los Anegles organisée à Pompidou l'anné dernière. Et maintenant qu'il est trop tard pour la visiter, et si l'oeuvre de Herms vous intrigue ou vous attire ou vous amuse, faites un tour du coté de la rue de Seine. La galerie Vallois l'expose jusqu'au 27 octobre.

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L'hymne à la nature de Frans Krajcberg

Par Claire Maingon le 6 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

214121_krajcberg1 Frans Krajcberg est un peintre et sculpteur polonais qui a connu une histoire d'amour avec le Brésil. Installé là bas dans les années 50, il adopte la nationalité et le style de vie. Dans les années 60, cet artiste installe son atelier en plein air dans le Minas Gerais, cette terre des chercheurs d'or. Il réalise ses premières sculptures dans des troncs d'arbres morts.Le feu est au coeur de son univers, entre la vie et le néant. La symbolique est forte, cosmogonique, un universelle. Efficace donc. L'artiste, au travers de ses photographies, nous parle surtout de la folie des hommes au coeur d'une nature virginale et diablement condamnée à la destruction. Efficace mais pessimiste. Autour de l'image, il y a tout un discours, un fil rouge qui s'enracine dans la dénonciation des fumisteries obscurentistes et politiques. Ses sculptures, comme des éléments d'une nature en rébellion, sont plastiquement très surprenantes et originelles, surtout placées dans la nature.

Krajcberg a réalisé notamment des sculptures empreintes dans les années 70. Ce qu'il appelle des "mroceaux de nature". Cet artiste est une célébrité dans son pays d'adoption, il a reçu des mains du président Lula une décoration de l'ordre du mérite culturel. L'oeuvre importante de Frans Krajcberg est en ce moment exposée à la galerie Julio Gonzalez, à Arcueil. A noter, les 12 et 13 octobre, un film d'Olivier Comte sera diffusé dans la Fonderie Susse, l'un des plus importants et anciens fondeurs d'art. Son oeuvre est un hymne à la nature en même temps qu'un cri de révolte. Elle mériterait sans doute une plus importante rétrospective dans une grande ville de France, et pourquoi pas Paris?

Incendios

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Courbet prend les commandes du Grand Palais

Par Claire Maingon le 5 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Courbet_autoportrait_homme_pipe C'est une exposition considérable qui va ouvrir à Paris ce 13 octobre: Gustave Courbet aux galeries nationales du Grand Palais. Celui que l'on appelle le peintre d'Ornans (sa ville natale) a laissé une trace indélébile dans l'histoire de la peinture française. Certains détestent, d'autres ne jurent que par lui. A son époque, on entrait dans le courbettisme comme on entre en religion. Courbet a révolutionné la peinture d'histoire en refusant le pastiche au profit du réel. "Je ne peindrais pas d'ange tant que j'en aurait pas vu", amait-il dire pour résumer son principe. Et il en a jamais vu. Courbet, c'est bien sur L'enterrement à Ornans, peinture immense qui représentait un banal enterrement de campagne dans le format d'une peinture d'histoire digne de la mise au tombeau du Christ. Ca choquait dans les salons de l'époque.

Courbet, c'est aussi bien sûr des femmes grasses et bien en chair, opposées à ses diaphanes nymphettes que peignaient les peintres embourgeoisés des salons. Car derrière Courbet se cache aussi un combat social et politique qu'a très bien analysé Thomas Schlesser, jeune spécialiste du maître, dans plusieurs ouvrages parus à l'occasion de la future exposition-évènement. On sait que Courbet a été pris à parti dans la Commune, qu'il a été accusé d'avoir fait déboulonner la colonne de la place vendôme qu'on le condamna à repayer. Qu'il a fait de la prison. Un talent suversif, explosif, pourrait-on dire. Associez à cela l'amour de la bonne bouffe, un physique à la Pavarotti. Courbet a laissé quelques autoportraits, notamment dans sa jeunesse, qui sont sans doute parmi les pièces majeures de l'art indépendant de la seconde moitié du 19e siècle. Sans oublier l'Origine du monde, toile célèbre, qui nous montre la femme sans artifice, dans une animalité entière et émouvante.

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L'abstraction au 19e siècle, ça existe?

Par Claire Maingon le 3 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Turner1 C'est une exposition historique, celle qui va ouvrir dans trois jours à Francfort : Turner, Hugo, Moreau, la découverte de l'abstraction. Il est certain que la question de l'abstraction est une problématique récurrente dans l'écriture de l'histoire de l'art et plus largement sur le plan philosophique. Georges Roque, dans un livre formidable dont je vous recommande la lecture (Qu'est ce que l'art abstrait?, Folio), avait bien présenté le problème. Selon les époques, les artistes n'entendent pas la même chose que nous par abstraction. Quand Gauguin, par exemple, dit de l'art qu'il est abstraction, le mot s'entend davantage comme un synonyme de soustraction au réel que de conceptualisation comme on le conçoit aujourd'hui. A cette époque, il ne s'agissait pas de nier le sujet.

cC'est donc un pari ambitieux de réfléchir à ces problématiques multiples de l'abstraction, notamment à la fin du 19e siècle, un temps marqué par l'industrialisation, la naissance de la modernité, la mort de Dieu. De ce point de vue de l'évanescence des formes, de l'abstraction au monde réel, William Turner fut un vari précursseur. Peintre et aquarelliste non conventionnel, il avait ébloui Delacroix au Salon de 1824 où il était invité. Mais qu'en est-il de Hugo et de Moreau? C'est intéressant d'avoir songé à mettre en perspective l'oeuvre - le monde abstrait (mental)- de ces trois créateurs.

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Victor Hugo a laissé à sa mort un corpsu démentiel d'écrits, de poèmes. Mais, il fut aussi déssinateur. Une exposition intitulée l'Homme Océan, à la BNf en 2002, avait fait découvrir cette facette du personnage C'est que l'expositon souhaite faire découvrir. Il fit toutes sortes d'expériences avec des encres, des pliages. Quant à Gustave Moreau, le maître symboliste à l'imagination pleines de mythes, il fut un vrai annonciateur du surréalisme. Beaucoup d'esquisses peuvent être qualifiées d'abstraites bien qu'elles préparaient à des toiles figuratives et narratives complexes.

Cette exposition très riche promet d'être très intéressante et d'apporter un élairage nouveau sur la question de l'abstraction au 19e siècle.

image 1 : une toile de l'anglais Turner

image 2: une oeuvre de Hugo

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Les collections d'un prince du 18e siècle à Compiègne

Par Claire Maingon le 2 octobre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Veronese Le chateau de Compiègne accueille une exposition consacrée au prince hongrois collectionneur d'art, Nicolas II Esterhazy, un homme du 18e siècle. C'est l'occasion de voir réunies des pièces et chefs d'oeuvre en provenance du Musée des Beaux-Arts de Budapest, une ville où l'on a pas toujours idée de partir faire du tourisme. Alors, ce prince, que collectionnait-il? Trois fois, rien..Juste des toiles splendides des écoles françaises et italiennes, Lebrun et Véronèse en tête. Mais pas seulement, on trouve aussi des toiles de maîtres flamands, allemands et espagnols. Dessins et gravure complètent ce beau panorama qui nous offre de voyager dans l'histoire du goût princier au Temps des Lumières.

Le goût pour la collection est une des données essentielles de l'histoire culturelle dans la période moderne. On a déjà parlé des cabinets de curiosité par exemple. Ce sont souvent ces collections privées qui ont été à la base de la formation des grands musées internationaux. Un catalogue vous permettra de rapporter à la maison de quoi mieux comprendre ces enjeux complexes de l'art et du statut social.

illustration: Véronèse , Persée délivrant Andromède. Il ne s'agit pas d'une toile précisément exposée à Compiègne.

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Baselitz, un Allemand à Londres

Par Claire Maingon le 26 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Baselitz1 Voila que la Royal Academy de Londres organise une grande rétrospective de l'oeuvre de Baselitz, un peintre que l'on aime ou qu'on déteste. Né en Saxe en 1938, il est l'un des peintres les plus célèbres de l'Allemagne contemporaine. Une tête chercheuse. Parmi ses toiles les toiles les plus connues, son invetion des "têtes en bas", autrement dit des personnages représentés têtes-bêches avec nous. Tout est confusion dans son univers violent et coloré, presque bruyant : monde réel et inconscient, figures abstraites et visages, légèreté et pesanteur dramatique ou sanglante. L'artiste avait commencé par un parcours classique à l'Ecole des Beaux-Arts de Berlin-Est. Mais son oeuvre est rapidement marquée par cette césure propre à l'Allemagne de son temps, un étrange sentiment d'exclusion.

L'intérêt de cette exposition est aussi de montrer un grand nombre d'aquarelles, de gravures et de sculptures à coté des peintures. Afin de nous plonger plus complètement dans son univers. En plus, les conservateurs sont parvenus à réunir des oeuvres provenant de très nombreuses collections privées donc généralement invisibles du grand public. A voir cet hiver dans la capitale british, jusqu'au 9 décembre.

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Roy Lichtenstein, la BD et le Pop art

Par Claire Maingon le 24 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Roylichtenstein L'exposition Roy Lichtenstein, qui a eu lieu à la Pinacothèque de Paris, vient de fermer ses portes. Allez, pas de panique, voici une petite leçon de rattrapage pour ceux qui l'auraient loupée. Lichtenstein est une figure du Pop Art américain. Né en 1923 dans une famille de classe moyenne, il arrive à New York au moment où la grosse pomme n'était pas encore ce centre névralgique d'activité artistique que l'on connait. Il devient néanmoins étudiant auprès d'un prof, Sherman, qui lui fait vivre d'importantes expériences visuelles. La base du répertoire de Lichtenstein, très vite, sera les images de la ville et de la société moderne. En particulier les BD. Ce sera sa marque de fabrique, son créneau à lui. On dit que Warhol avait voulu adopter le même parti, mais ayant vu les toiles de Lichtenstein et ne pensant jamais faire aussi bien, il abandonna cette idée.

Les toiles de R.L. sont comme des vignettes de B.D., auxquelles il ajoute un élément important : la bulle qui contient les paroles ou les pensées de ses personnages. Ca a l'air tout simple, comme ça, mais cet ajout donne une dimension supplémentaire à la peinture. Comme si elle décuplait les niveaux de sens et de langage. La femme occupe une place particulière dans son oeuvre. Dévouée à ses tâches ménagères ou héroïne tragique dans un monde trop parfait, sa blondeur est devenue accessoire. Du point de vue technique, Lichtenstein a eu l'inventivité de reproduire les trames formées de points qui composent l'impression mécanique des images. Sauf que lui les peints. Il ira jusqu'à parodier les coups de brosse de ses "amis" expressionnistes abstraits, réalisa des sculptures peintes et de grands décors monumentaux .

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A visiter, le site de Lichtenstein Foundation.

Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture

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La peinture du far west en France

Par Claire Maingon le 23 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Remington L'Ouest américain fascine...souvenez-vous de l'exposition de photographies inédites organisées au Musée américain de Giverny il y a peu. Et bien maintenant, c'est au tour du Musée des Beaux-Arts de Rouen de nous mener en road trip avec une exposition sur le thème de la conquête de l'ouest. Deux constatations s'imposent : d'une part, le public français connait mal l'art amércain en dehors des grands abstraits de l'Ecole de New York post 1950. D'autre part, c'est une sorte de peinture d'histoire épique, à la sauce américaine, qui permet de considérer avec un autre oeil (comparatif) les grandes machines de Salon de nos maîtres de l'art officiels français de la fin du 19e siècle. Je m'explique, vous pourrez regarder ces grandes toiles de Frederic Remington (1861-1909), le plus célèbres des peintres figuratifs américains de l'époque.

C6269_full Spécialiste de l'ouest américain, il a immortalisé la vie des cow boys et des indiens. Il a peint de grands déploiements de cavaleries qui égale les chevauchées de notre Meissonnier. Mais bizzarement, ça nous parait moins pompier, plus vivant, moins ringard...tout ça grâce au cinéma et à ses westerns. La plupart des toiles réunies à Rouen sont en provenance de musées américains, donc généralement inconnues du public européen. L'exposition, qui s'intiule La mythologie de l'ouest dans l'art américain, 1830-1840, est présentée jusqu'au 7 janvier 2008. Elle a la vertu de nous transporter hors des frontières et de montrer aussi que la peinture du 19e siècle n'est pas si poussiéreuse que certains la présentent.

Images : deux oeuvres de Remington

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Le rugby dans l'art moderne : Lhote et Delaunay

Par Claire Maingon le 22 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Col01_lhote_01i Quoi de plus naturel que de trouver à l'heure de la coupe du monde, dans le sud de la France, une exposition consacrée au thème Le Rugby et l'art  moderne? Rien, si ce n'est qu'on l'attendait à Toulouse...et qu'elle nous arrive par Montpellier. La belle affaire. C'est tant mieux, même, puisqu'elle prend place dans le tout beau tout rénové Musée Fabre. L'expo repose sur la confrontation de ce thème dans les oeuvres de deux artistes majeurs de la modernité française dans l'entre-deux-guerres : André Lhote et Robert Delaunay. Tous deux ont apporté une touche de classicisme, un travail sur les couleur et la monumentalité à ce cubisme des années 1910 dont ils sont issus.

J'aime particulièrement le travail d'André Lhote dont nous avions déjà parlé dans un blogart précédent. Grâce à cette exposition innovante sur le thème du rugby, vous pourrez découvrir 15 toiles inédites de l'artiste. Le Rugby est un sport d'équipe qui a beaucoup fasciné les modernes dans ce moment où la société des loisirs était en plein essor. Voyez la toile de Lhote reproduite en illustration, comme elle décompose et retranscrit le mouvement dans une construction ordonnée et géométrique. Comme les couleurs et les éléments, les lignes et les courbes se répondent en harmonie dynamique. On retrouve aussi cela dans l'oeuvre de Marcel Gromaire. Pour le versant historique, je vous laisse consulter le catalogue d'exposition. Mais c'est une exposition qui mérite un petit coup de crochet par Montpellier, ville d'art et d'histoire comme chacun le sait et l'apprécie.

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L'art du graffiti

Par Claire Maingon le 14 septembre 2007 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Haring2 Il y a plusieurs façons de considérer les graffitis: des trucs horribles qui salissent la ville, ou un genre pictural d'expression libre. Bien sûr, faut dire qu'il y a graffiti et graffiti. Entre le coup de bombe sans intérêt artistique et la vraie composition pariétale qui renouvelle l'art de la fresque, il y a un monde... De ce point de vue, de vrais artistes sont encore méconnus. Une exposition qui semble très intéressante à l'Abbaye d'Auberive (Haute-Marne) invite à mieux découvrir cette pratique trop souvent malaimée pour cause d'ignorance. Elle est relayée par une autre manifestation qui a lieu en même temps à Sète, au Musée international des arts modeste (le miam!). Cette dernière porte le nom évocateur et ludique de "Graffiti stories", sous-entendue que l'art de la rue est porteur de sens et d'histoire, voire a lui aussi une Histoire (avec un grand H).

A Sète, vous pourrez (re)découvrir les oeuvres d'artistes bien connus tels que Basquiat à ses débuts et Keith Haring. On y découvre notamment que les artistes n'ont pas travaillé qu'à la bombe mais utilisent des brosses et des pochoirs. L'art du graffiti s'y révèle bien plus riche que l'on pouvait l'imaginer. Quant à Auberive, le décalage doit être assez surprenant entre la nature cistercienne des lieux (abbaye fondée au 12e siècle) et les oeuvres exposées, ces explosions de couleurs a priori inséparables du milieu urbain, d'une ceryaine violence de la société post-moderne. Philippe Dagen, prof d'Histoire de l'art et chroniqueur au monde, a signé un article intéressant sur ce thème dans le Monde du 30 août dernier.

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Découvrez le Musée National Marc Chagall

Par Claire Maingon le 13 septembre 2007 | Commentaires (8) Commentaires | Permalink

Medium_chagall3 On trouve à Nice un musée monographique consacré à l'oeuvre d'un artiste important: Marc Chagall. C'est un bon prétexte pour vous parler de ce peintre si peu conventionnel. Je souligne en préambule qu'une exposition dans ces lieux est vouée au thème intéressant de "Monstres, chimères et figures hybrides" (jusqu'au 29 octobre). Pas dur en réalité de trouver des monstres et des bêtes bizzarres dans l'oeuvre de Chagall. Ce peintre eut une imagination débordante et quelque peu inquiétante, nourrie d'un bestiaire sacré et profane portée par la culture juive et russe. Il n'était pas simple pour les juifs de vivre en Russie à la fin du 19e siècle. Ils étaient traqués, minorés et violentés. Cette double culture, qui porte donc une forme de violence en soi, est l'une des bases de son répertoire iconographique. On y retrouve des motifs emblématiques récurrents comme le violon ou la synagogue. Les personnages flottent dans les airs, dans un monde irréel.

On associe souvent Chagall à l'Ecole de Paris, autrement dit ces étrangers venus en France autour de la Grande Guerre pour y chercher l'émulation et former les rangs d'une nouvelle avant-garde abstraite et figurative. Ce n'est pas faux vu sous cet angle. Chagall est arrivé très tôt à Paris et repartit dans son pays d'origine pendant la guerre. Ce fut surtout un grand voyageur qui sillona l'Europe. Il a laissé une oeuvre marquante, dans le sens de émouvante, intuitive, personnelle. On lui doit également de grandes décorations et certains vitraux importants de la Cathédrale de Metz. Chagall était très fier, en tant que juif, d'avoir eu cette responsabilité. Il refusa même de se faire payer. C'était un artiste au grand coeur mais, personnellement et malgré la magie des couleurs, son oeuvre picturale me renvoie à trop de tristesse. Une tristesse qui me donne envie de pleurer parfois.

image 1 : La crucifixion blanche (1938)

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Gustave Moreau reçoit Huysmans

Par Claire Maingon le 7 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Moreau Le Musée Gustave Moreau est un de mes petits endroits fétiches dans Paris. C'est mon coté romantique, 19e siècle. Alors, l'exposition de la rentrée, dans ce lieu qui fut l'atelier de ce beau peintre, si important dans l'histoire de l'art français durant  la période symboliste est consacrée à ses Visions féériques. Elles ne manquent pas dans le monde des mythes, des légendes, des songes parfois vénéneux qui forment son oeuvre. Salomé, les grandes figures de la mythologie sont rêvées par Moreau mais sans académisme, sans lourdeur. Il est un grand maître dont j'ai toujours admiré la modestie et le talent. Cependant, le propos de cette exposition qui débutera le 4 octobre (on a encore un peu de temps) est d'explorer les liens entre le peintre et l'écrivain Huysmans, l'auteur de A Rebours.

Huysmans fut critique d'art et l'un des plus importants poètes et auteurs de la période symboliste, en rupture avec l'école naturaliste de Zola. Le symbolisme en littérature a été proclamé en 1886 par Jean Moréas dans le Figaro. Il renvoie plutôt à un état d'esprit, une conception artistique littéraire de portée européenne dans ce moment charnière de la fin de siècle, qu'à un groupe précis d'artistes. Les gens étaient désabusés par les changements de la société, le recul de la croyance religieuse, les découvertes scientifiques. Attiré par le coté sombre de la force, Huysmans deviendra carrément bigot après une foudroyante révélation. Se droguait peut-être, l'ami Husymans. En tout cas, il ne me semble plus tellement étudié à l'heure actuelle par les étudiants. Je trouve que l'exposition du Musée Moreau aura donc deux grands mérites : celui d'exposer près de 70 oeuvrs du beau peintre, et celui de nous faire mieux connaitre la littérature et la perosnnalité de l'auteur. A noter sur nos tablettes pour la rentrée!

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André Maire, le peintre voyageur

Par Claire Maingon le 6 septembre 2007 | Commentaires (3) Commentaires | Permalink

61gh1mpktql Ceux qui aiment l'exotisme en peinture aiment André Maire, et ceux qui aiment André Maire connaissent Raymonde Duval. La galeriste du Palais Royal expose ses oeuvres toute l'année. Cet artiste inclassable des années 30, "perpétuel voyageur", a un talent remarquable de dessinateur. Quand j'ai découvert ses dessins dans la vitrine de la galerie l'année dernière, j'ai immédiatement eu envie d'en connaitre plus sur cet artiste. Et je n'ai pas été déçue...Né en 1898, Maire entame son premier voyage vers l'Indochine pendant la Grande Guerre. Il y passa 13 ans. Sa vie est marquée par un mariage heureux, puis par la découverte de l'Egypte dans les années 30, puis de l'Afrique dans les années 40, puis d'une passion pour le Mékong dans les années 50...et celle de Madagascar. Son périple fut impressionnant. Sa peinture respire les contrées lointaines, mais André Maire est toujours resté fidèle à son style. Il a vraiment une personnalité.

Ce qui frappe, dans l'oeuvre dessiné de Maire, c'est la monochronie. Cette tonalité sépia, terreuse, qui est déjà une invitation au voyage. Il a peint Angkor comme personne d'autre, et j'aime cette ambiance fantastique qui habite ses toiles, elle m'apparait aussi extraordinaire que les plus belles toiles de Gustave Moreau. Ses éléphants, et ce n'est pas Raymonde Duval qui me contredira j'espère vu sa passion pour l'animal, sont comme des monuments ancestraux et majestueux. Le temps ne compte plus.

A lire: le livre Ankgor, Le Cambodge d'André Maire, aux éditions Somogy

Voir aussi : Peinture

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ArtnéNim et Tony soulié

Par Claire Maingon le 6 septembre 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Affiche_artenim Amis sudistes, ou vacanciers tardifs, ne manquez pas le rendez-vous de la 8e édition de la foire internationale d'art contemporain du Sud Arténim. Elle a lieu au parc des expositions de la ville (une belle ville), du 21 au 24 septembre. Vous y trouverez réunis 70 exposants, autrement dit 70 galeries d'art contemporain qui présenteront leurs meilleurs poulains et des valeurs sûres. L'idée, c'est toujours autant de mettre en avant les pointures, au service de la découverte de jeunes talents. J'espère vraiment pouvoir y faire un saut cette année, car ça promet encore plus que l'année précédente. En plus, la foire est animée par des spectacles, des contes. Surtout, vous y verrez un hommage à deux noms de l'art contemporain : le galeriste Alain Matarasso et l'artiste Arroyo.

Chose importante, et non des moindres, la foire met l'accent sur la sculpture et le numérique. La gravure également sera à l'honneur, notamment grâce à l'Atelier de l'Eau-forte de Martine Quès. Si j'y vais, j'aurais à coeur de voir l'exposition monographique consacrée à Tony Soulié, cet artiste abstrait au talent multiforme. Ses installations sont célèbres depuis les années 80, et sa source d'inspiration principale est le Voyage.

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Ernest Pignon-Ernest à Montauban

Par Claire Maingon le 3 septembre 2007 | Commentaires (1) Commentaires | Permalink

Epe Ernest Pignon-Ernest fait partie de ces artistes contemporains dont l'oeuvre m'attire le plus. Car c'est un magnifique dessinateur, pourvu d'un talent virtuose, et un artiste engagé dans son époque. Sa sensibilité classique ressort d'autant plus dans l'exposition rétrospective audacieuse qui vient de s'ouvrir au Musée Ingres de Montauban. E.P-E s'y mesure en partie à Ingres. Mesurer, je ne sais pas si le terme est le bon bien que l'idée de la défense d'une idée, d'une identité, soit l'un des leitmotiv de son oeuvre. En tout cas, certains dessins d'après Ingres sont saisissants par leur justesse. A tel point qu'on pourrait parfois confondre les deux mains, c'est dire. Ernest Pignon-Ernest s'est attaché à réfléchir autour de ce qui parait chez Ingres le plus délicat : l'ambiguité des sexes. A coté de cette "conversation", le musée offre une rétrospective de son travail depuis les années 60.

L'art de E.P.E n'est pas consentuel, il a longtemps été habitué à intervenir dans la ville, en apposant sur les murs des images dont l'homme est le centre. Il marchait la nuit, seul, et apposait sur les murs des estampes, dans la ville de Naples notamment ; Naples où la vétusté rend la réalité un peu irréelle. Dans la ville en tout cas, l'oeuvre d'art appartient à tous. Les premières intervetions datent de 1966, une époque où il dénonce le drame nucléaire qui le hante. Puis viendront autant l'apartheid que le fléau du Sida. L'artiste ne dénonce, il offre son regard au monde sur un sujet d'importance, qui lui tient à coeur comme les arborigènes.

Dans l'oeuvre de l'artiste, la notion de lieu occupe une importance capitale. Le défi de l'exposition de Montauban tenait justement à cela. Comment exposer cet artiste dont l'oeuvre se trouve principalement sur les murs des villes (Naples, Soweto, Paris, Brest). Du coup, et pusiqu'il est vivant, pourquoi ne pas laisser le plasticien utiliser l'ui-même l'espace?  L'idée de E.P.E sera surtout de faire découvrir son processus créatif plutôt que son oeuvre. C'est là l'un des plus grands mérites de l'exposition d'ailleurs. Elle se prolonge jusqu'aux derniers centres d'intérêts de l'artiste, des fresques de la renaissance italienne.

On pourra visiter son site officiel pour découvrir mieux sa parole et son oeuvre.

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La vierge parturiente de Piero della Francesca

Par Claire Maingon le 30 août 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

571pxmadonna_del_parto_piero_della_ Vous avez remarqué que les vierges, sur certains toiles de la Renaissance, ont des ventres proéminents? J'aime tout particulièrement cette oeuvre datant du 15e siècle, de l'italien Piero della Francesca, un artiste dont l'importance n'a cessé d'être réévaluée depuis plusieurs générations d'historiens d'art. Il s'agit d'une fresque, technique artisanale qui s'apparente à un décor mural. Elle est aujourd'hui conservée en Toscane, au musée de Monterchi. Bien sûr, à l'origine, il s'agissait d'un décor d'église, donc à vocation religieuse. Le fait que la vierge soir représentée enceinte n'est pas franchement courant. Généralement, les artistes avaient pour mission de la représenter au moment de l'annonciation, touchée par la volonté divine, et non comme une simple mortelle. Pourquoi pas la représenter en train d'enfanter, tant qu'on y est? Justement, c'est pour cela que j'aime cette image exceptionnelle. Elle montre quelque chose qui ne l'est pas (une femme enceinte) mais, en même temps, de totalement miraculeux : la faculté des femmes à donner la vie. On ne s'étonnera pas que cette image ait fait l'objet d'un vrai culte parmi les femmes enceintes durant l'époque moderne.

La vierge n'est pas seule sur cette image. Elles est accompagnée de deux anges qui tiennent les rideaux d'un baldaquin. Encore un élément qui ramène plus à la sphère privée qu'au monde des nuées célestes.

Piero della Francesca est sans conteste l'un des artistes majeurs de la Renaissance italienne. Comme tous les grands peintres de cette époque, qui voit passer l'artisan peintre au statut d'artiste, il était aussi un savant, un mathématicien. Ses oeuvres sont des chefs-d'oeuvre de perspective. C'est d'ailleurs généralement sous cet angle qu'elles sont considérées comme des témoins fondamentaux de l'évolution des lois de la peinture. Il a bien entendu principalement illustré des thèmes religieux, en homme de son temps, et l'une des plus célèbres est La Flagellation du Christ, conservée à Urbin. Ce qui est génial avec ces oeuvres anciennes, c'est que l'on est toujours pas parvenu à les percer complètement à jour. C'est ce qui leur donne cet aura mystérieuse et fascinante.

Flagellation_2 

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Lucien Lautrec, un peintre non-figuratif des années 50

Par Claire Maingon le 29 août 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Lucien_lautrec_2 On qualifiera de prime abord la peinture de Lucien Lautrec (1909-1991) d'abstraite. C'est vrai que cet artiste des années 50, figure nimoîse, s'est libéré de l'assujetissement au monde visible, mais certainement pas du sujet. Au contraire, l'utilisation de formes géométriques et des couleurs était selon lui le plus sûr moyen d'entrer en contact avec le monde. Lucien Lautrec n'est sans doute plus aujourd'hui un talent connu du grand public. Son oeuvre est entièrement à redécouvrir, elle n'est considérée à l'heure actuelle que par les seuls spécialistes de cette époque. Ce fut pourtant un acteur important de son temps, au travers de l'enseignement qu'il dispensa, au travers des amitiés qu'il noua avec des figures demeurées plus célèbres telles Jean Bazaine et Alfred Manessier.

Si on ne peut légitimement parler d'abstraction - puisque Lucien Lautrec refusait ce terme - on parla alors de peinture non-figurative. Ce ne sont pas des synonymes. La peinture figurative est un courant majeure de la seconde Ecole de Paris, dans les années consécutives à la 2e guerre mondiale. On peut résumer en évoquant le fait que ces artistes ne nient pas le monde sensible ni la réalité. Ils cherchent juste un moment nouveau et moderne de l'exprimer. Leur peinture est ouverte sur le monde, elle n'est qu'un moyen d'introspection de la psyché.

Lucien Lautrec fut également un maître-verrier, dans ce moment où les églises de France, âbimées par la guerre, ont accueilli de nouveaux décors. Lautrec s'inscrivait dès avant la guerre dans la tradition du retour au décor mural, puisqu'il fut l'élève de Ducos de la Haille, celui qui décora l'intérieur du Musée des Colonies, en 1931. En matière de vitrail, on doit à Lucien Lautrec certains vitraux de l'église de Saint-Dié en Lorraine. Les couleurs et les formes, dynamiques, créent une harmonie propice tant à la réflexion qu'au recueillement.

Il fut aussi un exposant du Salon d'Automne, cette manifestation si importante dans l'histoire de l'art indépendant du XXe siècle.

Personnellement, j'aime de plus en plus cette peinture non-figurative des années 50. Il faut apprendre à la rencontrer, à la regarder. Ce fut l'exposition organisée par le Musée du Luxembourg, L'envolée lyrique, qui m'a ouvert les yeux sur la beauté de ces artistes dont la plupart ont disparu il n'y a pas si longtemps.

L'oeuvre de Lucien Lautrec figure dans les collections du Musée National d'Art moderne, au Musée des Beaux-Arts de Nimes, au Musée de Saint Dié

photo, Lucien Lautrec, Sous-bois, source

Voir aussi : Peinture

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Jackson Pollock

Par Claire Maingon le 28 août 2007 | Commentaires (7) Commentaires | Permalink

Pollocknumberone1948La vie de Jackson Pollock, comme son oeuvre, ne furent pas de tout repos. Alcoolisme, dépression...et génie instinctif. Pollock, c'est tout cela mêlé. Mélange, projection, exacerbation. Les toiles de Pollock, ses compositions abstraites et sidérantes, font mal, sont violentes. Elles sont comme des mises à nu de nos connexions neuronales, à moins qu'il ne s'agisse d'un chaos céleste. Pourtant, Pollock - comme tous les autres artistes abstraits, du reste - avait commencé par des oeuvres figuratives. Elles exprimaient la mélancolie d'une enfance instable de ce garçon né au Far West en 1912. Mais bien sûr, ce ne sont pas ces premières oeuvres qui ont fait entrer le grand Jackson dans les annales de l'histoire de l'art contemporain: ce sont ses drippings.

Cette technique, qui signifie égouttage, a été mise utilisé par Pollock à partir de 1947. Elle renverse tout le protocole habituel de la gestuelle artistique. La toile est posée à même le sol et l'artiste projette littéralement dessus des giclées de peinture avec un baton (plutôt qu'un pinceau, "outil" emblématique du peintre) ou laisse couler la peinture depuis un pot percé. Le hasard, ou la destinée, sont les artisans du dessin final. L'artiste n'est plus qu'un passeur. Autre nouveauté, Pollock utilise des peintures industrielle. On est loin des temps où les artisans broyaient des pigments qu'ils mélangeaient avant de l'appliquer sur leur palette!

Pollock_peignant

On a une tension constante dans l'ouvre de Pollock entre le contrôle et la perte de contrôle, peut-être à l'image de l'homme qu'il était, complexe et taciturne, peu sûr de lui et en même temps fier. Le film réalisé sur sa vie, dirigé et joué par l'excellent Ed Harris, est d'aillleurs du petit bijou à voir absolument. La ressemblance entre l'acteur et le peintre est confondante, un peu comme celle qui rapproche Val Kilmer de Jim Morrisson dans le film The Doors. On y édcouvre sa vie amoureuse avec Lee Krasner, qui était aussi un excellent peintre.

Pollock fut naturellement un enjeu majeur pour les théoriciens de l'art contemporain dans les années 50. Son oeuvre expressive et  violente était opposé aux courants qui exploitaient la puissance des couleurs et leur matérialité, comme la peinture de Rothko.

L'oeuvre de Pollock est sans aucun doute l'une des plus forte de la période. Une salle lui est consacrée au Museum of Modern Art de New York. Elle est l'expression viscérale d'un homme tourmenté, si l'on se reporte à la définition qu'il donnait de sa peinture : "Je veux exprimer mes sentiments plutôt que les illustrer".

Pollock4

photo 1 : Number One, 1948, source

photo 2, Pollock peignant, source

photo 3 : une image extraite du film sur la Vie de Pollock, source

Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture

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Léopold Survage, un cubisme discret

Par Claire Maingon le 25 août 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

Survage_1917 Vous ne croyez pas, vous, que Léopold Survage est un inclassable? Certains ont voulu faire de lui un second couteau du cubisme, mais il s'avère que Survage était un esprit libre et talentueux. Revenons un instant sur ce peintre qui sera peut-être pour vous une découverte. Survage est né à Moscou en 1879. Comme beaucoup d'artistes désireux de faire des "expériences" picturales à cette époque, il est poussé vers Paris, centre névralgique des avant-gardes. Il arrive dans la capitale en 1909. Dès 1912, au moment où les orphistes font parler d'eux aux Salons des Artistes Indépendants et au Salon d'Automne, Survage se lance dans ses Rythmes colorés, création originale et marginale à cette époque. C'est vrai que la peinture de Survage entretient des liens évident avec l'esthétique cubiste dans les années de l'après Grande Guerre.

Qui pourrait le lui reprocher? Aujourd'hui, ces découpes géométriques, spatiales et temporelles de la réalité apparaissent comme des monuments historiques que je trouve plus véritables que les toiles de Picasso, incroyable phénix, qui avait déjà laissé pour compte le cubisme. C'est étrange, ces toiles cubisantes des années 20. Le cubisme, à cette époque, n'était plus tellement une avant-garde même si la plupart des Français, le grand public, ignorait encore son existence. Mais dans le milieu des peintres, il était en passe de devenir une formule esthétique.

Survage_2

Survage n'apparait pas comme "un petit maître du cubisme". Avec Gleizes, et d'autres, il participé aux Salons de la Section d'Or qui représentent des phénomènes importants dans l'histoire de l'art indépendant. Il exposa aussi chez Léonce Rosenberg, le fameux marchand d'art. Cet artiste tout en discrétion fut un acteur important du  petit monde de Montparnassedans les années dites "folles". Il avait fréquenté Modigliani, Delaunay et les surréalistes. A sa mort, en 1968, il laissait derrière lui une oeuvre riche de plus de mille toiles et d'innombrables dessins. Où voir son oeuvre? Au musée d'Art moderne de Céret, Au musée du Montparnasse à Paris, à Lille...

photos

Voir aussi : Histoire de l'art | Peinture

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Les noirs de Soulages

Par Claire Maingon le 24 août 2007 | Commentaires (3) Commentaires | Permalink

Soulages "Un p'tit noir, Msieur Soulages?!": cette question, Pierre Soulages a du l'entendre des milliers de fois au bistro du coin. Le serveur ne savait pas si bien dire. Il ignorait peut-être en toute bonne foi que Pierre Soulages est le maître de la couleur noire. Ce peintre, né en 1919 à Rodez, est un ancien élève des Beaux-Arts de Montpellier. On le dit représentant international de la peinture informelle, c'est à dire abstraite, dégagée du sujet, existant pour elle-même grâce à sa matière, à sa présence, à son rayonnement magnétique.

Car de magnétisme on doit bien parler face aux toiles immenses et sombres de Soulages. En réalité, tout réside dans la densité, dans la sensualité de sa peinture. L'artiste n'est pas un nihiliste, bien au contraire. Il a puisé son inspiration dans les ouvrages d'art romans et les dessins calligraphiques anciens. Soulages travaille ses surfaces avec des outils proches variés, et sa démarche n'est pas sans en référer à l'art de la sculpture. Il est souvent décevant de contempler son oeuvre par reproduction. C'est comme avec Rothko, il faut les voir en vrai pour ressentir leur forte présence, être absorbé dans le noir comme...dans le bleu d'Yves Klein. Je ne cherche pas tant à comparer ces artistes qu'à souligner ici combien la peinture est devenue le refuge spirituel de l'homme moderne, un moyen de reconnexion avec le sacré en nous, ce grand soi qui nous relie au monde. En cela, Soulages est un sage..

A voir dans les collections du Centre Pompidou

Voir aussi : Peinture | Points d'Art

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Le minou de l'Olympia

Par Claire Maingon le 23 août 2007 | Commentaires (2) Commentaires | Permalink

Olympia_2 L'Olympia de Manet est l'une des madones de l'art moderne comme on dit. Ce morceau de peinture figure bien sûr en tête des collections du Musée d'Orsay. Après Le Déjeuner sur l'Herbe du chef de file de l'Ecole des Batignolles, exposé au Salon des Refusés de 1863, ce nu avait été reçu au Salon officiel de 1865. Autant dire dans l'antre de l'art académique de son temps. L'olympia a beaucoup choqué à son époque, et on peut se demander légitimement pourquoi. En effet, ce n'était pas tant le nu qui marquait les esprits (le nu a toujours été un des motifs privilégiés de la peinture) que le réalisme du corps de ce jeune modèle.

C'est Victorine Meurent, fidèle de Manet, qui pose sur cette toile (la même que pour le Déjeuner). Elle regarde fixement le modèle avec un brin d'effronterie dans le regard. Le choc visuel est produit d'une part par le décalage entre l'aspect virginal de la jeune fille et sa condition supposée : celle de prostituée. En effet, un servante noire est représentée au second plan, apportant un bouquet de fleurs à la jeune fille, sous-entendu, un bouquet offert pas l'un de ses "clients". L'Olympia (du nom de l'héroïne de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils) porte au cou une perle, symbole de vanité, et pour seule parure ses pantoufles et son bracelet d'or, telle une odalisque des temps modernes (une esclave sexuelle en d'autres termes). D'autre part, le choc iconographique est produit par la référence de Manet aux Vénus de la Renaissance italienne, et surtout la Vénus d'Urbino de Titien. L'Olympia, de la même façon que la vénus, place sa main sur son sexe, cachant l'objet du désir tout en attirant sur lui le regard du spectateur...d'où les bons jeux de mots de l'époque sur la présence du petit chat (minou) aux pieds de l'Olympia. Symbole de mauvaise vie, il répond au petit chien, symbole de fidélité, dans l'oeuvre du Titien. Shocking, n'est-ce pas? 

Voir aussi : Peinture | Points d'Art

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Alfred Courmes, un classique hors normes

Par Claire Maingon le 22 août 2007 | Commentaires (0) Commentaires | Permalink

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J'aime, et j'ai toujours aimé depuis mon enfance l'oeuvre de Alfred Courmes. C'est un artiste hors normes, qui se définissait comme un peintre d'histoire à l'heure où les avant-gardes rejetaient les classifications académiques. Ses compositions mélangent joyeusement iconographie classique, mythologie et publicité. Un bébé cadum avec la Vierge, un Saint Sébastien au pull marin. Courmes est né en 1898, il a été le seul disciple du peintre cubiste Roger de la Fresnaye. Né au Lavandou, Courmes a fait toutes sortes de métiers pendant des années, ils lui ont permis de pouvoir travailler tranquillement- à sa peinture. Faut dire que ses toiles sont d'une précision extrême. Il a mis deux ans à peindre son célèbre Saint Sébastien, centimètre carré par centimètre carré. J'aime extrêmement son oeuvre, ses portraits. Celui de Peggy Guggenheim, en 1927, est sans doute le plus connu. Courmes est d'un beau tempérament classique, mais complètement hors des sentiers battus, profondément ancré dans son époque et ses problématiques culturelles, politiques, sociales (la question du réalisme dans les années 30, et toutes ses résurgences politiques et idéologiques). On trouve quelques unes de ses toiles au Musée des Années trente à Boulogne. Un beau livre d'art est paru en 2003. Aussi étrangement que cela puisse paraître, si j'avais trois sous, j'aimerais acheter l'une de ses toiles. Aussi parce que c'était un homme aimable, humble, réaliste. Comme il l'expliquait, il avait voulu faire de ses défauts une richesse et non un frein. Un très bon site est consacré à son oeuvre. A quand une grande rétrospective à Paris?

Voir aussi : Peinture

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