Par Claire Maingon le 25 octobre 2007
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Voilà une exposition que je ne manquerais pas d'aller voir, celle qu'organise la toujours dynamique et sérieuse Maison de la culture du Japon à Paris.
On y est rarement déçu. Après les cubistes japonais, l'exposition
actuelle est dédiée aux japonais fous de Paris. L'idée, extrêmement
louable, est de sortir des sentiers battus qui nous évoquent
sempiternellement la seule personnalité de Léonard Foujita.
Certes, il est très important et fut une grande figure de ce que André
Warnod a qualifié d'Ecole de Paris (ces étrengers venus à Paris
pratiquer l'avant-garde dans les années vingt). Mais il ne fut pas
seul.
On pourra par exemple découvrir la personnalité de Seiki Kuroda ou de Chû Adai. Ces artistes, attirés par l'enseignement du cubisme ou chantres de l'académisme, ont ensueite rapportés leurs expérimentations européennes au Japon où un art d'inspiration européenne s'est développé. Ces échanges culturels sont particulièrement intéressants et attirent de plus en plus le regard des historiens de l'art. C'est une belle exposition qui nous apprendra donc quelque chose d'utile et de fécond pour la recherche. Par Ailleurs, à cette occasion, le département de l'Essonne ouvre au public la maison-atelier de Foujita à Villiers-le-bel et présente quatre toiles monumentales du japonais le plus célèbre de Paris au Chateau de Chamarande.
Par Claire Maingon le 17 octobre 2007
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Le Havre
est une ville chanceuse. Elle est la patrie d'origine, la terre natale
de plusieurs artistes importants dans l'histoire de la modernité
picturale française dont Raoul Dyfy et Othon Friesz. C'est à ce dernier, qui n'est pas le plus connu des Fauves, que le musée Malraux
consacre une importante rétrospective. L'exposition qui a été d'abord
montrée à Roubaix et à Céret, réunit 160 oeuvres, ainsi que de nombreux
objets d'art décoratifs. Car ces artistes, ainsi que l'avait fait
Gauguin avant eux, ont porté l'objet (vases et assiettes) au rang
d'oeuvres d'art. Comme si l'utile joignait l'agréable. Il n'y a pas de
sacralité dans la pratique artistique, pas de différence en somme entre
les arts majeurs et mineurs semblent nous dire ces créations
redécouvertes.
Friesz, qui mérite amplement de trouver sa place dans l'histoire de l'art, est qualifié de "fauve baroque". Compagnon de Matisse et de Derain dans l'épopée de la couleur au Salon d'Automne puis dans le Sud, admirateur de Cézanne, il a également été un acteur important de la vie artistique dans sa ville natale. Cela sera un des grands intérêts de l'exposition du Havre et du catalogue. Celui de montrer le rôle joué par Friesz dans la fondation du Cercle de l'Art moderne du Havre, un foyer de modernité artistique qui a accueilli de nombreux talents dans les débust du 20e siècle, comme Van Dongen ou Henri-Edmond Cross.
Par Claire Maingon le 8 octobre 2007
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Les assemblages de George Herms,
je les préfère presque aux assemblages cubistes. Alors bien sûr, est-ce
comparable me direz-vous? Un assemblage peut bien être comparé à un
autre assemblage, même s'ils datent de deux époques différentes. Herms,
artiste californien né en 1935, trainé ses guètres dans le mouvement beatnik
des années 60, à San Francisco j'imagine. Il réalise alors ses premiers
collages, après avoir écrit de la poèsie, et après même avoir failli
devenir ingénieur. Herms devient alors de leader de ce que l'on appelle
le mouvement de l'Assemblage californien,
une formation qui émerge aux Etats-Unis dans les mêmes temps que le
Nouveau Réalisme en France et que le néo-dadaïsme à New York.
Il assemble des objets hautement improbables, récupérés et vieillis. Comme une superposition du réel. Comme tous les assemblages, on ne sait trop classer ces objets entre peinture et sculpture, peut-être ni l'un ni l'autre finalement. On peut dire que George Herms n'est pas tellement connu en France. Un peu comme le peintre de la nouvelle objectivité allemande Raederscheit. Mais c'est une autre histoire, ce sera pour un un autre blog. L'oeuvre de Herms avait figuré dans l'exposition Los Anegles organisée à Pompidou l'anné dernière. Et maintenant qu'il est trop tard pour la visiter, et si l'oeuvre de Herms vous intrigue ou vous attire ou vous amuse, faites un tour du coté de la rue de Seine. La galerie Vallois l'expose jusqu'au 27 octobre.
Par Claire Maingon le 6 octobre 2007
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Frans Krajcberg
est un peintre et sculpteur polonais qui a connu une histoire d'amour
avec le Brésil. Installé là bas dans les années 50, il adopte la
nationalité et le style de vie. Dans les années 60, cet artiste
installe son atelier en plein air dans le Minas Gerais, cette terre des
chercheurs d'or. Il réalise ses premières sculptures dans des troncs
d'arbres morts.Le feu est au coeur de son univers, entre la vie et le
néant. La symbolique est forte, cosmogonique, un universelle. Efficace
donc. L'artiste, au travers de ses photographies, nous parle surtout de
la folie des hommes au coeur d'une nature virginale et diablement
condamnée à la destruction. Efficace mais pessimiste. Autour de
l'image, il y a tout un discours, un fil rouge qui s'enracine dans la
dénonciation des fumisteries obscurentistes et politiques. Ses
sculptures, comme des éléments d'une nature en rébellion, sont
plastiquement très surprenantes et originelles, surtout placées dans la
nature.
Krajcberg a réalisé notamment des sculptures empreintes dans les années 70. Ce qu'il appelle des "mroceaux de nature". Cet artiste est une célébrité dans son pays d'adoption, il a reçu des mains du président Lula une décoration de l'ordre du mérite culturel. L'oeuvre importante de Frans Krajcberg est en ce moment exposée à la galerie Julio Gonzalez, à Arcueil. A noter, les 12 et 13 octobre, un film d'Olivier Comte sera diffusé dans la Fonderie Susse, l'un des plus importants et anciens fondeurs d'art. Son oeuvre est un hymne à la nature en même temps qu'un cri de révolte. Elle mériterait sans doute une plus importante rétrospective dans une grande ville de France, et pourquoi pas Paris?
Par Claire Maingon le 5 octobre 2007
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C'est une exposition considérable qui va ouvrir à Paris ce 13 octobre: Gustave Courbet
aux galeries nationales du Grand Palais. Celui que l'on appelle le
peintre d'Ornans (sa ville natale) a laissé une trace indélébile dans
l'histoire de la peinture française. Certains détestent, d'autres ne
jurent que par lui. A son époque, on entrait dans le courbettisme comme
on entre en religion. Courbet a révolutionné la peinture d'histoire en
refusant le pastiche au profit du réel. "Je ne peindrais pas d'ange
tant que j'en aurait pas vu", amait-il dire pour résumer son principe.
Et il en a jamais vu. Courbet, c'est bien sur L'enterrement à Ornans,
peinture immense qui représentait un banal enterrement de campagne dans
le format d'une peinture d'histoire digne de la mise au tombeau du
Christ. Ca choquait dans les salons de l'époque.
Courbet, c'est aussi bien sûr des femmes grasses et bien en chair, opposées à ses diaphanes nymphettes que peignaient les peintres embourgeoisés des salons. Car derrière Courbet se cache aussi un combat social et politique qu'a très bien analysé Thomas Schlesser, jeune spécialiste du maître, dans plusieurs ouvrages parus à l'occasion de la future exposition-évènement. On sait que Courbet a été pris à parti dans la Commune, qu'il a été accusé d'avoir fait déboulonner la colonne de la place vendôme qu'on le condamna à repayer. Qu'il a fait de la prison. Un talent suversif, explosif, pourrait-on dire. Associez à cela l'amour de la bonne bouffe, un physique à la Pavarotti. Courbet a laissé quelques autoportraits, notamment dans sa jeunesse, qui sont sans doute parmi les pièces majeures de l'art indépendant de la seconde moitié du 19e siècle. Sans oublier l'Origine du monde, toile célèbre, qui nous montre la femme sans artifice, dans une animalité entière et émouvante.
Par Claire Maingon le 3 octobre 2007
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C'est une exposition historique, celle qui va ouvrir dans trois jours à Francfort : Turner, Hugo, Moreau, la découverte de l'abstraction.
Il est certain que la question de l'abstraction est une problématique
récurrente dans l'écriture de l'histoire de l'art et plus largement sur
le plan philosophique. Georges Roque, dans un livre formidable dont je vous recommande la lecture (Qu'est ce que l'art abstrait?, Folio), avait
bien présenté le problème. Selon les époques, les artistes n'entendent
pas la même chose que nous par abstraction. Quand Gauguin, par exemple,
dit de l'art qu'il est abstraction, le mot s'entend davantage comme un
synonyme de soustraction au réel que de conceptualisation comme on le
conçoit aujourd'hui. A cette époque, il ne s'agissait pas de nier le
sujet.
cC'est donc un pari ambitieux de réfléchir à ces problématiques multiples de l'abstraction, notamment à la fin du 19e siècle, un temps marqué par l'industrialisation, la naissance de la modernité, la mort de Dieu. De ce point de vue de l'évanescence des formes, de l'abstraction au monde réel, William Turner fut un vari précursseur. Peintre et aquarelliste non conventionnel, il avait ébloui Delacroix au Salon de 1824 où il était invité. Mais qu'en est-il de Hugo et de Moreau? C'est intéressant d'avoir songé à mettre en perspective l'oeuvre - le monde abstrait (mental)- de ces trois créateurs.
Victor Hugo a laissé à sa mort un corpsu démentiel d'écrits, de poèmes. Mais, il fut aussi déssinateur. Une exposition intitulée l'Homme Océan, à la BNf en 2002, avait fait découvrir cette facette du personnage C'est que l'expositon souhaite faire découvrir. Il fit toutes sortes d'expériences avec des encres, des pliages. Quant à Gustave Moreau, le maître symboliste à l'imagination pleines de mythes, il fut un vrai annonciateur du surréalisme. Beaucoup d'esquisses peuvent être qualifiées d'abstraites bien qu'elles préparaient à des toiles figuratives et narratives complexes.
Cette exposition très riche promet d'être très intéressante et d'apporter un élairage nouveau sur la question de l'abstraction au 19e siècle.
image 1 : une toile de l'anglais Turner
image 2: une oeuvre de Hugo
Par Claire Maingon le 2 octobre 2007
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Le chateau de Compiègne
accueille une exposition consacrée au prince hongrois collectionneur
d'art, Nicolas II Esterhazy, un homme du 18e siècle. C'est l'occasion
de voir réunies des pièces et chefs d'oeuvre en provenance du Musée des
Beaux-Arts de Budapest, une
ville où l'on a pas toujours idée de partir faire du tourisme. Alors,
ce prince, que collectionnait-il? Trois fois, rien..Juste des toiles
splendides des écoles françaises et italiennes, Lebrun et Véronèse en
tête. Mais pas seulement, on trouve aussi des toiles de maîtres
flamands, allemands et espagnols. Dessins et gravure complètent ce beau
panorama qui nous offre de voyager dans l'histoire du goût princier au
Temps des Lumières.
Le goût pour la collection est une des données essentielles de l'histoire culturelle dans la période moderne. On a déjà parlé des cabinets de curiosité par exemple. Ce sont souvent ces collections privées qui ont été à la base de la formation des grands musées internationaux. Un catalogue vous permettra de rapporter à la maison de quoi mieux comprendre ces enjeux complexes de l'art et du statut social.
illustration: Véronèse , Persée délivrant Andromède. Il ne s'agit pas d'une toile précisément exposée à Compiègne.
Par Claire Maingon le 26 septembre 2007
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Voila que la Royal Academy de Londres organise une grande rétrospective de l'oeuvre de Baselitz,
un peintre que l'on aime ou qu'on déteste. Né en Saxe en 1938, il est
l'un des peintres les plus célèbres de l'Allemagne contemporaine. Une
tête chercheuse. Parmi ses toiles les toiles les plus connues, son
invetion des "têtes en bas", autrement dit des personnages représentés
têtes-bêches avec nous. Tout est confusion dans son univers violent et
coloré, presque bruyant : monde réel et inconscient, figures abstraites
et visages, légèreté et pesanteur dramatique ou sanglante. L'artiste
avait commencé par un parcours classique à l'Ecole des Beaux-Arts de Berlin-Est. Mais son oeuvre est rapidement marquée par cette césure propre à l'Allemagne de son temps, un étrange sentiment d'exclusion.
L'intérêt de cette exposition est aussi de montrer un grand nombre d'aquarelles, de gravures et de sculptures à coté des peintures. Afin de nous plonger plus complètement dans son univers. En plus, les conservateurs sont parvenus à réunir des oeuvres provenant de très nombreuses collections privées donc généralement invisibles du grand public. A voir cet hiver dans la capitale british, jusqu'au 9 décembre.
Par Claire Maingon le 24 septembre 2007
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L'exposition Roy Lichtenstein,
qui a eu lieu à la Pinacothèque de Paris, vient de fermer ses portes.
Allez, pas de panique, voici une petite leçon de rattrapage pour ceux
qui l'auraient loupée. Lichtenstein
est une figure du Pop Art américain. Né en 1923 dans une famille de
classe moyenne, il arrive à New York au moment où la grosse pomme
n'était pas encore ce centre névralgique d'activité artistique que l'on
connait. Il devient néanmoins étudiant auprès d'un prof, Sherman, qui
lui fait vivre d'importantes expériences visuelles. La base du
répertoire de Lichtenstein, très vite, sera les images de la ville et
de la société moderne. En particulier les BD. Ce sera sa marque de
fabrique, son créneau à lui. On dit que Warhol avait voulu adopter le
même parti, mais ayant vu les toiles de Lichtenstein et ne pensant
jamais faire aussi bien, il abandonna cette idée.
Les toiles de R.L. sont comme des vignettes de B.D., auxquelles il ajoute un élément important : la bulle qui contient les paroles ou les pensées de ses personnages. Ca a l'air tout simple, comme ça, mais cet ajout donne une dimension supplémentaire à la peinture. Comme si elle décuplait les niveaux de sens et de langage. La femme occupe une place particulière dans son oeuvre. Dévouée à ses tâches ménagères ou héroïne tragique dans un monde trop parfait, sa blondeur est devenue accessoire. Du point de vue technique, Lichtenstein a eu l'inventivité de reproduire les trames formées de points qui composent l'impression mécanique des images. Sauf que lui les peints. Il ira jusqu'à parodier les coups de brosse de ses "amis" expressionnistes abstraits, réalisa des sculptures peintes et de grands décors monumentaux .
A visiter, le site de Lichtenstein Foundation.
Par Claire Maingon le 23 septembre 2007
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L'Ouest américain fascine...souvenez-vous de l'exposition de
photographies inédites organisées au Musée américain de Giverny il y a
peu. Et bien maintenant, c'est au tour du Musée des Beaux-Arts de Rouen
de nous mener en road trip avec une exposition sur le thème de la
conquête de l'ouest. Deux constatations s'imposent : d'une part, le
public français connait mal l'art amércain en dehors des grands
abstraits de l'Ecole de New York post 1950. D'autre part, c'est une
sorte de peinture d'histoire épique, à la sauce américaine, qui permet
de considérer avec un autre oeil (comparatif) les grandes machines de
Salon de nos maîtres de l'art officiels français de la fin du 19e
siècle. Je m'explique, vous pourrez regarder ces grandes toiles de Frederic Remington (1861-1909), le plus célèbres des peintres figuratifs américains de l'époque.
Spécialiste de l'ouest américain, il a immortalisé la vie des cow boys
et des indiens. Il a peint de grands déploiements de cavaleries qui
égale les chevauchées de notre Meissonnier. Mais bizzarement, ça nous
parait moins pompier, plus vivant, moins ringard...tout ça grâce au
cinéma et à ses westerns. La plupart des toiles réunies à Rouen sont en
provenance de musées américains, donc généralement inconnues du public
européen. L'exposition, qui s'intiule La mythologie de l'ouest dans l'art américain, 1830-1840,
est présentée jusqu'au 7 janvier 2008. Elle a la vertu de nous
transporter hors des frontières et de montrer aussi que la peinture du
19e siècle n'est pas si poussiéreuse que certains la présentent.
Images : deux oeuvres de Remington
Par Claire Maingon le 22 septembre 2007
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Quoi de plus naturel que de trouver à l'heure de la coupe du monde,
dans le sud de la France, une exposition consacrée au thème Le Rugby et l'art moderne?
Rien, si ce n'est qu'on l'attendait à Toulouse...et qu'elle nous arrive
par Montpellier. La belle affaire. C'est tant mieux, même, puisqu'elle
prend place dans le tout beau tout rénové Musée Fabre.
L'expo repose sur la confrontation de ce thème dans les oeuvres de deux
artistes majeurs de la modernité française dans l'entre-deux-guerres : André Lhote
et Robert Delaunay. Tous deux ont apporté une touche de classicisme, un
travail sur les couleur et la monumentalité à ce cubisme des années
1910 dont ils sont issus.
J'aime particulièrement le travail d'André Lhote dont nous avions déjà parlé dans un blogart précédent. Grâce à cette exposition innovante sur le thème du rugby, vous pourrez découvrir 15 toiles inédites de l'artiste. Le Rugby est un sport d'équipe qui a beaucoup fasciné les modernes dans ce moment où la société des loisirs était en plein essor. Voyez la toile de Lhote reproduite en illustration, comme elle décompose et retranscrit le mouvement dans une construction ordonnée et géométrique. Comme les couleurs et les éléments, les lignes et les courbes se répondent en harmonie dynamique. On retrouve aussi cela dans l'oeuvre de Marcel Gromaire. Pour le versant historique, je vous laisse consulter le catalogue d'exposition. Mais c'est une exposition qui mérite un petit coup de crochet par Montpellier, ville d'art et d'histoire comme chacun le sait et l'apprécie.
Par Claire Maingon le 14 septembre 2007
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Il y a plusieurs façons de considérer les graffitis: des trucs
horribles qui salissent la ville, ou un genre pictural d'expression
libre. Bien sûr, faut dire qu'il y a graffiti et graffiti. Entre le
coup de bombe sans intérêt artistique et la vraie composition pariétale
qui renouvelle l'art de la fresque, il y a un monde... De ce point de
vue, de vrais artistes sont encore méconnus. Une exposition qui semble
très intéressante à l'Abbaye d'Auberive
(Haute-Marne) invite à mieux découvrir cette pratique trop souvent
malaimée pour cause d'ignorance. Elle est relayée par une autre
manifestation qui a lieu en même temps à Sète,
au Musée international des arts modeste (le miam!). Cette dernière
porte le nom évocateur et ludique de "Graffiti stories", sous-entendue
que l'art de la rue est porteur de sens et d'histoire, voire a lui
aussi une Histoire (avec un grand H).
A Sète, vous pourrez (re)découvrir les oeuvres d'artistes bien connus tels que Basquiat à ses débuts et Keith Haring. On y découvre notamment que les artistes n'ont pas travaillé qu'à la bombe mais utilisent des brosses et des pochoirs. L'art du graffiti s'y révèle bien plus riche que l'on pouvait l'imaginer. Quant à Auberive, le décalage doit être assez surprenant entre la nature cistercienne des lieux (abbaye fondée au 12e siècle) et les oeuvres exposées, ces explosions de couleurs a priori inséparables du milieu urbain, d'une ceryaine violence de la société post-moderne. Philippe Dagen, prof d'Histoire de l'art et chroniqueur au monde, a signé un article intéressant sur ce thème dans le Monde du 30 août dernier.
Par Claire Maingon le 13 septembre 2007
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On trouve à Nice un musée monographique consacré à l'oeuvre d'un artiste important: Marc Chagall.
C'est un bon prétexte pour vous parler de ce peintre si peu
conventionnel. Je souligne en préambule qu'une exposition dans ces
lieux est vouée au thème intéressant de "Monstres, chimères et figures
hybrides" (jusqu'au 29 octobre). Pas dur en réalité de trouver des
monstres et des bêtes bizzarres dans l'oeuvre de Chagall.
Ce peintre eut une imagination débordante et quelque peu inquiétante,
nourrie d'un bestiaire sacré et profane portée par la culture juive et
russe. Il n'était pas simple pour les juifs de vivre en Russie à la fin
du 19e siècle. Ils étaient traqués, minorés et violentés. Cette double
culture, qui porte donc une forme de violence en soi, est l'une des
bases de son répertoire iconographique. On y retrouve des motifs
emblématiques récurrents comme le violon ou la synagogue. Les
personnages flottent dans les airs, dans un monde irréel.
On associe souvent Chagall à l'Ecole de Paris, autrement dit ces étrangers venus en France autour de la Grande Guerre pour y chercher l'émulation et former les rangs d'une nouvelle avant-garde abstraite et figurative. Ce n'est pas faux vu sous cet angle. Chagall est arrivé très tôt à Paris et repartit dans son pays d'origine pendant la guerre. Ce fut surtout un grand voyageur qui sillona l'Europe. Il a laissé une oeuvre marquante, dans le sens de émouvante, intuitive, personnelle. On lui doit également de grandes décorations et certains vitraux importants de la Cathédrale de Metz. Chagall était très fier, en tant que juif, d'avoir eu cette responsabilité. Il refusa même de se faire payer. C'était un artiste au grand coeur mais, personnellement et malgré la magie des couleurs, son oeuvre picturale me renvoie à trop de tristesse. Une tristesse qui me donne envie de pleurer parfois.
image 1 : La crucifixion blanche (1938)
Par Claire Maingon le 7 septembre 2007
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Le Musée Gustave Moreau
est un de mes petits endroits fétiches dans Paris. C'est mon coté
romantique, 19e siècle. Alors, l'exposition de la rentrée, dans ce lieu
qui fut l'atelier de ce beau peintre, si important dans l'histoire de
l'art français durant la période symboliste est consacrée à ses Visions féériques.
Elles ne manquent pas dans le monde des mythes, des légendes, des
songes parfois vénéneux qui forment son oeuvre. Salomé, les grandes
figures de la mythologie sont rêvées par Moreau mais sans académisme,
sans lourdeur. Il est un grand maître dont j'ai toujours admiré la
modestie et le talent. Cependant, le propos de cette exposition qui
débutera le 4 octobre (on a encore un peu de temps) est d'explorer les
liens entre le peintre et l'écrivain Huysmans, l'auteur de A Rebours.
Huysmans fut critique d'art et l'un des plus importants poètes et auteurs de la période symboliste, en rupture avec l'école naturaliste de Zola. Le symbolisme en littérature a été proclamé en 1886 par Jean Moréas dans le Figaro. Il renvoie plutôt à un état d'esprit, une conception artistique littéraire de portée européenne dans ce moment charnière de la fin de siècle, qu'à un groupe précis d'artistes. Les gens étaient désabusés par les changements de la société, le recul de la croyance religieuse, les découvertes scientifiques. Attiré par le coté sombre de la force, Huysmans deviendra carrément bigot après une foudroyante révélation. Se droguait peut-être, l'ami Husymans. En tout cas, il ne me semble plus tellement étudié à l'heure actuelle par les étudiants. Je trouve que l'exposition du Musée Moreau aura donc deux grands mérites : celui d'exposer près de 70 oeuvrs du beau peintre, et celui de nous faire mieux connaitre la littérature et la perosnnalité de l'auteur. A noter sur nos tablettes pour la rentrée!
Par Claire Maingon le 6 septembre 2007
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Ceux qui aiment l'exotisme en peinture aiment André Maire,
et ceux qui aiment André Maire connaissent Raymonde Duval. La galeriste
du Palais Royal expose ses oeuvres toute l'année. Cet artiste
inclassable des années 30, "perpétuel voyageur", a un talent
remarquable de dessinateur. Quand j'ai découvert ses dessins dans la
vitrine de la galerie l'année dernière, j'ai immédiatement eu envie
d'en connaitre plus sur cet artiste. Et je n'ai pas été déçue...Né en
1898, Maire entame son premier voyage vers l'Indochine pendant la
Grande Guerre. Il y passa 13 ans. Sa vie est marquée par un mariage
heureux, puis par la découverte de l'Egypte dans les années 30, puis de
l'Afrique dans les années 40, puis d'une passion pour le Mékong dans
les années 50...et celle de Madagascar. Son périple fut impressionnant.
Sa peinture respire les contrées lointaines, mais André Maire est
toujours resté fidèle à son style. Il a vraiment une personnalité.
Ce qui frappe, dans l'oeuvre dessiné de Maire, c'est la monochronie. Cette tonalité sépia, terreuse, qui est déjà une invitation au voyage. Il a peint Angkor comme personne d'autre, et j'aime cette ambiance fantastique qui habite ses toiles, elle m'apparait aussi extraordinaire que les plus belles toiles de Gustave Moreau. Ses éléphants, et ce n'est pas Raymonde Duval qui me contredira j'espère vu sa passion pour l'animal, sont comme des monuments ancestraux et majestueux. Le temps ne compte plus.
A lire: le livre Ankgor, Le Cambodge d'André Maire, aux éditions Somogy
Par Claire Maingon le 6 septembre 2007
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Amis sudistes, ou vacanciers tardifs, ne manquez pas le rendez-vous de
la 8e édition de la foire internationale d'art contemporain du Sud Arténim.
Elle a lieu au parc des expositions de la ville (une belle ville), du
21 au 24 septembre. Vous y trouverez réunis 70 exposants, autrement dit
70 galeries d'art contemporain qui présenteront leurs meilleurs
poulains et des valeurs sûres. L'idée, c'est toujours autant de mettre
en avant les pointures, au service de la découverte de jeunes talents.
J'espère vraiment pouvoir y faire un saut cette année, car ça promet
encore plus que l'année précédente. En plus, la foire est animée par
des spectacles, des contes. Surtout, vous y verrez un hommage à deux
noms de l'art contemporain : le galeriste Alain Matarasso et l'artiste Arroyo.
Chose importante, et non des moindres, la foire met l'accent sur la sculpture et le numérique. La gravure également sera à l'honneur, notamment grâce à l'Atelier de l'Eau-forte de Martine Quès. Si j'y vais, j'aurais à coeur de voir l'exposition monographique consacrée à Tony Soulié, cet artiste abstrait au talent multiforme. Ses installations sont célèbres depuis les années 80, et sa source d'inspiration principale est le Voyage.
Par Claire Maingon le 3 septembre 2007
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Ernest Pignon-Ernest
fait partie de ces artistes contemporains dont l'oeuvre m'attire le
plus. Car c'est un magnifique dessinateur, pourvu d'un talent virtuose,
et un artiste engagé dans son époque. Sa sensibilité classique ressort
d'autant plus dans l'exposition rétrospective audacieuse qui vient de
s'ouvrir au Musée Ingres de
Montauban. E.P-E s'y mesure en partie à Ingres. Mesurer, je ne sais pas
si le terme est le bon bien que l'idée de la défense d'une idée, d'une
identité, soit l'un des leitmotiv de son oeuvre. En tout cas, certains
dessins d'après Ingres sont saisissants par leur justesse. A tel point
qu'on pourrait parfois confondre les deux mains, c'est dire. Ernest
Pignon-Ernest s'est attaché à réfléchir autour de ce qui parait chez
Ingres le plus délicat : l'ambiguité des sexes. A coté de cette
"conversation", le musée offre une rétrospective de son travail depuis
les années 60.
L'art de E.P.E n'est pas consentuel, il a longtemps été habitué à intervenir dans la ville, en apposant sur les murs des images dont l'homme est le centre. Il marchait la nuit, seul, et apposait sur les murs des estampes, dans la ville de Naples notamment ; Naples où la vétusté rend la réalité un peu irréelle. Dans la ville en tout cas, l'oeuvre d'art appartient à tous. Les premières intervetions datent de 1966, une époque où il dénonce le drame nucléaire qui le hante. Puis viendront autant l'apartheid que le fléau du Sida. L'artiste ne dénonce, il offre son regard au monde sur un sujet d'importance, qui lui tient à coeur comme les arborigènes.
Dans l'oeuvre de l'artiste, la notion de lieu occupe une importance capitale. Le défi de l'exposition de Montauban tenait justement à cela. Comment exposer cet artiste dont l'oeuvre se trouve principalement sur les murs des villes (Naples, Soweto, Paris, Brest). Du coup, et pusiqu'il est vivant, pourquoi ne pas laisser le plasticien utiliser l'ui-même l'espace? L'idée de E.P.E sera surtout de faire découvrir son processus créatif plutôt que son oeuvre. C'est là l'un des plus grands mérites de l'exposition d'ailleurs. Elle se prolonge jusqu'aux derniers centres d'intérêts de l'artiste, des fresques de la renaissance italienne.
On pourra visiter son site officiel pour découvrir mieux sa parole et son oeuvre.
Par Claire Maingon le 30 août 2007
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Vous avez remarqué que les vierges, sur certains toiles de la
Renaissance, ont des ventres proéminents? J'aime tout particulièrement
cette oeuvre datant du 15e siècle, de l'italien Piero della Francesca,
un artiste dont l'importance n'a cessé d'être réévaluée depuis
plusieurs générations d'historiens d'art. Il s'agit d'une fresque,
technique artisanale qui s'apparente à un décor mural. Elle est
aujourd'hui conservée en Toscane, au musée de Monterchi.
Bien sûr, à l'origine, il s'agissait d'un décor d'église, donc à
vocation religieuse. Le fait que la vierge soir représentée enceinte
n'est pas franchement courant. Généralement, les artistes avaient pour
mission de la représenter au moment de l'annonciation, touchée par la
volonté divine, et non comme une simple mortelle. Pourquoi pas la
représenter en train d'enfanter, tant qu'on y est? Justement, c'est
pour cela que j'aime cette image exceptionnelle. Elle montre quelque
chose qui ne l'est pas (une femme enceinte) mais, en même temps, de
totalement miraculeux : la faculté des femmes à donner la vie. On ne
s'étonnera pas que cette image ait fait l'objet d'un vrai culte parmi
les femmes enceintes durant l'époque moderne.
La vierge n'est pas seule sur cette image. Elles est accompagnée de deux anges qui tiennent les rideaux d'un baldaquin. Encore un élément qui ramène plus à la sphère privée qu'au monde des nuées célestes.
Piero della Francesca est sans conteste l'un des artistes majeurs de la Renaissance italienne. Comme tous les grands peintres de cette époque, qui voit passer l'artisan peintre au statut d'artiste, il était aussi un savant, un mathématicien. Ses oeuvres sont des chefs-d'oeuvre de perspective. C'est d'ailleurs généralement sous cet angle qu'elles sont considérées comme des témoins fondamentaux de l'évolution des lois de la peinture. Il a bien entendu principalement illustré des thèmes religieux, en homme de son temps, et l'une des plus célèbres est La Flagellation du Christ, conservée à Urbin. Ce qui est génial avec ces oeuvres anciennes, c'est que l'on est toujours pas parvenu à les percer complètement à jour. C'est ce qui leur donne cet aura mystérieuse et fascinante.
Par Claire Maingon le 29 août 2007
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On qualifiera de prime abord la peinture de Lucien Lautrec
(1909-1991) d'abstraite. C'est vrai que cet artiste des années 50,
figure nimoîse, s'est libéré de l'assujetissement au monde visible,
mais certainement pas du sujet. Au contraire, l'utilisation de formes
géométriques et des couleurs était selon lui le plus sûr moyen d'entrer
en contact avec le monde. Lucien Lautrec n'est sans doute plus
aujourd'hui un talent connu du grand public. Son oeuvre est entièrement
à redécouvrir, elle n'est considérée à l'heure actuelle que par les
seuls spécialistes de cette époque. Ce fut pourtant un acteur important
de son temps, au travers de l'enseignement qu'il dispensa, au travers
des amitiés qu'il noua avec des figures demeurées plus célèbres telles Jean Bazaine et Alfred Manessier.
Si on ne peut légitimement parler d'abstraction - puisque Lucien Lautrec refusait ce terme - on parla alors de peinture non-figurative. Ce ne sont pas des synonymes. La peinture figurative est un courant majeure de la seconde Ecole de Paris, dans les années consécutives à la 2e guerre mondiale. On peut résumer en évoquant le fait que ces artistes ne nient pas le monde sensible ni la réalité. Ils cherchent juste un moment nouveau et moderne de l'exprimer. Leur peinture est ouverte sur le monde, elle n'est qu'un moyen d'introspection de la psyché.
Lucien Lautrec fut également un maître-verrier, dans ce moment où les églises de France, âbimées par la guerre, ont accueilli de nouveaux décors. Lautrec s'inscrivait dès avant la guerre dans la tradition du retour au décor mural, puisqu'il fut l'élève de Ducos de la Haille, celui qui décora l'intérieur du Musée des Colonies, en 1931. En matière de vitrail, on doit à Lucien Lautrec certains vitraux de l'église de Saint-Dié en Lorraine. Les couleurs et les formes, dynamiques, créent une harmonie propice tant à la réflexion qu'au recueillement.
Il fut aussi un exposant du Salon d'Automne, cette manifestation si importante dans l'histoire de l'art indépendant du XXe siècle.
Personnellement, j'aime de plus en plus cette peinture non-figurative des années 50. Il faut apprendre à la rencontrer, à la regarder. Ce fut l'exposition organisée par le Musée du Luxembourg, L'envolée lyrique, qui m'a ouvert les yeux sur la beauté de ces artistes dont la plupart ont disparu il n'y a pas si longtemps.
L'oeuvre de Lucien Lautrec figure dans les collections du Musée National d'Art moderne, au Musée des Beaux-Arts de Nimes, au Musée de Saint Dié
photo, Lucien Lautrec, Sous-bois, source
Par Claire Maingon le 28 août 2007
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La vie de Jackson Pollock,
comme son oeuvre, ne furent pas de tout repos. Alcoolisme,
dépression...et génie instinctif. Pollock, c'est tout cela mêlé.
Mélange, projection, exacerbation. Les toiles de Pollock, ses
compositions abstraites et sidérantes, font mal, sont violentes. Elles
sont comme des mises à nu de nos connexions neuronales, à moins qu'il
ne s'agisse d'un chaos céleste. Pourtant, Pollock - comme tous les
autres artistes abstraits, du reste - avait commencé par des oeuvres
figuratives. Elles exprimaient la mélancolie d'une enfance instable de
ce garçon né au Far West en 1912. Mais bien sûr, ce ne sont pas ces
premières oeuvres qui ont fait entrer le grand Jackson dans les annales
de l'histoire de l'art contemporain: ce sont ses drippings.
Cette technique, qui signifie égouttage, a été mise utilisé par Pollock à partir de 1947. Elle renverse tout le protocole habituel de la gestuelle artistique. La toile est posée à même le sol et l'artiste projette littéralement dessus des giclées de peinture avec un baton (plutôt qu'un pinceau, "outil" emblématique du peintre) ou laisse couler la peinture depuis un pot percé. Le hasard, ou la destinée, sont les artisans du dessin final. L'artiste n'est plus qu'un passeur. Autre nouveauté, Pollock utilise des peintures industrielle. On est loin des temps où les artisans broyaient des pigments qu'ils mélangeaient avant de l'appliquer sur leur palette!
On a une tension constante dans l'ouvre de Pollock entre le contrôle et la perte de contrôle, peut-être à l'image de l'homme qu'il était, complexe et taciturne, peu sûr de lui et en même temps fier. Le film réalisé sur sa vie, dirigé et joué par l'excellent Ed Harris, est d'aillleurs du petit bijou à voir absolument. La ressemblance entre l'acteur et le peintre est confondante, un peu comme celle qui rapproche Val Kilmer de Jim Morrisson dans le film The Doors. On y édcouvre sa vie amoureuse avec Lee Krasner, qui était aussi un excellent peintre.
Pollock fut naturellement un enjeu majeur pour les théoriciens de l'art contemporain dans les années 50. Son oeuvre expressive et violente était opposé aux courants qui exploitaient la puissance des couleurs et leur matérialité, comme la peinture de Rothko.
L'oeuvre de Pollock est sans aucun doute l'une des plus forte de la période. Une salle lui est consacrée au Museum of Modern Art de New York. Elle est l'expression viscérale d'un homme tourmenté, si l'on se reporte à la définition qu'il donnait de sa peinture : "Je veux exprimer mes sentiments plutôt que les illustrer".
photo 1 : Number One, 1948, source
photo 2, Pollock peignant, source
photo 3 : une image extraite du film sur la Vie de Pollock, source
Par Claire Maingon le 25 août 2007
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Vous ne croyez pas, vous, que Léopold Survage
est un inclassable? Certains ont voulu faire de lui un second couteau
du cubisme, mais il s'avère que Survage était un esprit libre et
talentueux. Revenons un instant sur ce peintre qui sera peut-être pour
vous une découverte. Survage
est né à Moscou en 1879. Comme beaucoup d'artistes désireux de faire
des "expériences" picturales à cette époque, il est poussé vers Paris,
centre névralgique des avant-gardes. Il arrive dans la capitale en
1909. Dès 1912, au moment où les orphistes font parler d'eux aux Salons des Artistes Indépendants et au Salon d'Automne, Survage se lance dans ses Rythmes colorés,
création originale et marginale à cette époque. C'est vrai que la
peinture de Survage entretient des liens évident avec l'esthétique
cubiste dans les années de l'après Grande Guerre.
Qui pourrait le lui reprocher? Aujourd'hui, ces découpes géométriques, spatiales et temporelles de la réalité apparaissent comme des monuments historiques que je trouve plus véritables que les toiles de Picasso, incroyable phénix, qui avait déjà laissé pour compte le cubisme. C'est étrange, ces toiles cubisantes des années 20. Le cubisme, à cette époque, n'était plus tellement une avant-garde même si la plupart des Français, le grand public, ignorait encore son existence. Mais dans le milieu des peintres, il était en passe de devenir une formule esthétique.
Survage n'apparait pas comme "un petit maître du cubisme". Avec Gleizes, et d'autres, il participé aux Salons de la Section d'Or qui représentent des phénomènes importants dans l'histoire de l'art indépendant. Il exposa aussi chez Léonce Rosenberg, le fameux marchand d'art. Cet artiste tout en discrétion fut un acteur important du petit monde de Montparnassedans les années dites "folles". Il avait fréquenté Modigliani, Delaunay et les surréalistes. A sa mort, en 1968, il laissait derrière lui une oeuvre riche de plus de mille toiles et d'innombrables dessins. Où voir son oeuvre? Au musée d'Art moderne de Céret, Au musée du Montparnasse à Paris, à Lille...
Par Claire Maingon le 24 août 2007
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"Un p'tit noir, Msieur Soulages?!": cette question, Pierre Soulages
a du l'entendre des milliers de fois au bistro du coin. Le serveur ne
savait pas si bien dire. Il ignorait peut-être en toute bonne foi que
Pierre Soulages est le maître de la couleur noire. Ce peintre, né en
1919 à Rodez, est un ancien élève des Beaux-Arts de Montpellier. On le
dit représentant international de la peinture informelle,
c'est à dire abstraite, dégagée du sujet, existant pour elle-même grâce
à sa matière, à sa présence, à son rayonnement magnétique.
Car de magnétisme on doit bien parler face aux toiles immenses et sombres de Soulages. En réalité, tout réside dans la densité, dans la sensualité de sa peinture. L'artiste n'est pas un nihiliste, bien au contraire. Il a puisé son inspiration dans les ouvrages d'art romans et les dessins calligraphiques anciens. Soulages travaille ses surfaces avec des outils proches variés, et sa démarche n'est pas sans en référer à l'art de la sculpture. Il est souvent décevant de contempler son oeuvre par reproduction. C'est comme avec Rothko, il faut les voir en vrai pour ressentir leur forte présence, être absorbé dans le noir comme...dans le bleu d'Yves Klein. Je ne cherche pas tant à comparer ces artistes qu'à souligner ici combien la peinture est devenue le refuge spirituel de l'homme moderne, un moyen de reconnexion avec le sacré en nous, ce grand soi qui nous relie au monde. En cela, Soulages est un sage..
A voir dans les collections du Centre Pompidou
Par Claire Maingon le 23 août 2007
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L'Olympia de Manet est l'une des madones de l'art moderne comme on dit. Ce morceau de peinture figure bien sûr en tête des collections du Musée d'Orsay. Après Le Déjeuner sur l'Herbe
du chef de file de l'Ecole des Batignolles, exposé au Salon des Refusés
de 1863, ce nu avait été reçu au Salon officiel de 1865. Autant dire
dans l'antre de l'art académique de son temps. L'olympia a beaucoup
choqué à son époque, et on peut se demander légitimement pourquoi. En
effet, ce n'était pas tant le nu qui marquait les esprits (le nu a
toujours été un des motifs privilégiés de la peinture) que le réalisme
du corps de ce jeune modèle.
C'est Victorine Meurent, fidèle de Manet, qui pose sur cette toile (la même que pour le Déjeuner). Elle regarde fixement le modèle avec un brin d'effronterie dans le regard. Le choc visuel est produit d'une part par le décalage entre l'aspect virginal de la jeune fille et sa condition supposée : celle de prostituée. En effet, un servante noire est représentée au second plan, apportant un bouquet de fleurs à la jeune fille, sous-entendu, un bouquet offert pas l'un de ses "clients". L'Olympia (du nom de l'héroïne de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils) porte au cou une perle, symbole de vanité, et pour seule parure ses pantoufles et son bracelet d'or, telle une odalisque des temps modernes (une esclave sexuelle en d'autres termes). D'autre part, le choc iconographique est produit par la référence de Manet aux Vénus de la Renaissance italienne, et surtout la Vénus d'Urbino de Titien. L'Olympia, de la même façon que la vénus, place sa main sur son sexe, cachant l'objet du désir tout en attirant sur lui le regard du spectateur...d'où les bons jeux de mots de l'époque sur la présence du petit chat (minou) aux pieds de l'Olympia. Symbole de mauvaise vie, il répond au petit chien, symbole de fidélité, dans l'oeuvre du Titien. Shocking, n'est-ce pas?
Par Claire Maingon le 22 août 2007
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J'aime, et j'ai toujours aimé depuis mon enfance l'oeuvre de Alfred Courmes. C'est un artiste hors normes, qui se définissait comme un peintre d'histoire à l'heure où les avant-gardes rejetaient les classifications académiques. Ses compositions mélangent joyeusement iconographie classique, mythologie et publicité. Un bébé cadum avec la Vierge, un Saint Sébastien au pull marin. Courmes est né en 1898, il a été le seul disciple du peintre cubiste Roger de la Fresnaye. Né au Lavandou, Courmes a fait toutes sortes de métiers pendant des années, ils lui ont permis de pouvoir travailler tranquillement- à sa peinture. Faut dire que ses toiles sont d'une précision extrême. Il a mis deux ans à peindre son célèbre Saint Sébastien, centimètre carré par centimètre carré. J'aime extrêmement son oeuvre, ses portraits. Celui de Peggy Guggenheim, en 1927, est sans doute le plus connu. Courmes est d'un beau tempérament classique, mais complètement hors des sentiers battus, profondément ancré dans son époque et ses problématiques culturelles, politiques, sociales (la question du réalisme dans les années 30, et toutes ses résurgences politiques et idéologiques). On trouve quelques unes de ses toiles au Musée des Années trente à Boulogne. Un beau livre d'art est paru en 2003. Aussi étrangement que cela puisse paraître, si j'avais trois sous, j'aimerais acheter l'une de ses toiles. Aussi parce que c'était un homme aimable, humble, réaliste. Comme il l'expliquait, il avait voulu faire de ses défauts une richesse et non un frein. Un très bon site est consacré à son oeuvre. A quand une grande rétrospective à Paris?
Par Claire Maingon le 18 août 2007
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Beaucoup s'interrogent sur le talent disons "artistique" de feu J.M. Basquiat. Ca ressemble plutôt à une aliénation qu'autre chose. La plupart des gens sont surtout choqués par les prix records qu'atteignent ses oeuvres en salle des ventes. En fait, l'artiste bénéficie surtout de son aura de "peintre maudit". Basquiat est mort à 28 ans après avoir arpenté le bitume de New York et de la factory, avoir épuisé toutes les voies possible de la défonce. D'origine haïtienne et porto-ricaine, il avait la nationalité américaine. Dans la rue, Basquiat avait commencé à s'exprimer par des graffitis sur les murs. Déjà énervé, il crachait sa douleur de vivre et son désespoir, en philosophe cynique des temps urbains. "Même vieille merde" était sa signature dans ses premières oeuvres (traduit en anglais). Abandonnant ses études peu avant leur réussite, il préfère adopter un mode de vie marginal. Faut pas oublier que l'Amérique, à cette époque, est post-power Flower. Or l'épopée des hippie, même fondée sur une utopie idéaliste, n'a pas été rose (la drogue surtout brisant le rêve). Basquiat était surtout poète, et c'est comme cela qu'il faut chercher sans doute à lire sa peinture hallucinée et si expressive. Il ne faut pas y chercher de l'esthétique ou de la beauté, plutôt l'expression d'une âme tourmentée. Sorte de surdoué, il expose dans les années 80 dans le milieu avant-gardiste new-yorkais. Les couleurs s'entrechoquent, les thèmes contestataires et nihilistes font mal. Il fricote avec Madonna et Warhol, se came comme un malade à l'héroïne et meurt tragiquement. Reste une oeuvre forte, qualifiée de néo-expressionniste (pour faire rentrer les choses dans les cases), produite de façon spontanée par un artiste-poète d'une sacrée trempe.
Par Claire Maingon le 17 août 2007
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Hans Hartung est un artiste tout à fait important de l'abstraction française dans les années 30, autrement dit une période assez expérimentale pour cette expression artistique et en pleine revendication d'existence. Né en 1904 en Allemagne, cet artiste est arrivé à Paris - terre promise des avant-gardes - en 1931. Il s'associe à des jeunes artistes qui mènent des recherches de peinture abstraite. Hartung avait déjà au compteur une très solide connaissance artistique classique et moderne, puisqu'il avait étudié l'histoire de l'art, avait fait les Beaux-arts de Dresde et assisté à des conférences de Kandinsky sur la peinture. Dans le climat politique tendu de "la montée des périls", il se retrouve sans un sou avant de regagner l'Allemagne. Il refuse le régime nazi et revient définitivement en France où il fréquente Hélion, Mondrian, Miro, Calder. Parmi ses séries célèbres : les "taches d'encre". N'ayant pas d'argent pour acheter de quoi peindre ses compositions abstraites, Hartung s'attablait dans des cafés et commandes des petis crèmes avec un stylo et de l'encre. Il dessine sans cesse des tourbillons en fermant les yeux. On peut penser à l'art comme thérapie, en tout cas comme une voie d'évacuation de l'anxiété de l'artiste. Il faut croire en soi fermement pour être artiste, même le talent n'y suffit pas toujours. La vie de Hartung fut longue et pleine. On retiendra l'épisode dramatique de son incarcération dans un camp pendant la 2e Guerre Mondiale, une amputation de la jambe droite, sa reconnaissance comme un des maîtres de l'art informel dans les années 50... pour finir par une nomination à l'Institut de France. Drôle de parcours, pas toujours très drôle. C'est peut-être de ce vécu que vient la force de son expression: ces griffes noires qui déchirent la toile, qui entaillent, qui raturent. Elles sont sa signature, comme des notes de musique (on les dit lyriques) violentées. L'oeuvre de Hans Hartung est aujourd'hui défendue et représentée par une Fondation à son nom.
Par Claire Maingon le 11 août 2007
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J'aime terriblement être bluffée par la technique d'un peintre, par sa capacité à faire naitre l'illusion sur la toile. Jean Marie Barre est de ces artistes qui ont manifestement ce talent. En visitant son site, j'ai découvert sa peinture d'une impressionnante précision illusionniste. Il me fait penser à ces hyperréalistes américains. Vous connaissez peut-être l'oeuvre de Malcolm Morley ou de Richard Estes qui peint des vues incroyable de New York. Pourtant, le travail de J.M. Barre en est très différent et s'inscrit dans une démarche de "transfiguration narrative". L'artiste a donné à ses oeuvres une signification symbolique au travers des titres, en étant fidèle ici à un procédé ancestral qui lie le geste à la parole. Barre peint la Provence, une Provence que l'on sent chère à son coeur. Je trouve qu'il y a une réelle poésie contemplative dans ses oeuvres, elles véhiculent un sentiment de complétude. S'il semble adopter la posture du photographe devant le monde, c'est peut-être pour mieux suggérer la part de fiction, de reconstruction mentale, d'imagination dans ces paysages si parfaits qu'ils paraissent réels. Cela donne à réfléchir sur nos croyances. Ce rapport à la réalité est intéressant dans le monde actuel où l'apparence domine nos modes de vie, mais aussi ce rapport au temps. Il faut prendre son temps, sans doute, pour peindre des toiles aussi minutieuses. L'artiste expose à Paris, au mois de Septembre. Vous trouverez toutes les infos sur son site.
Par Claire Maingon le 7 août 2007
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Certes, Antoine Vollon n'est pas le peintre le plus connu du 19e siècle. Sa notoriété n'égale pas celle de Courbet, dont il fut le contemporain. Pourtant, il s'agit d'un beau talent d'artiste, injustement tombé dans les oubliettes de l'histoire. Car, de son temps, Vollon a connu un très grand succès avec ses natures mortes. Zola était l'un de ses fervents admirateurs, Alexandre Dumas fils était l'un de ses plus proches amis. En bons vivants, ils appréciaient les peintures de mets campagnards de Vollon. L'artiste d'origine lyonnaise, a passé une grande partie de sa carrière à Mers, une station balnéaire de la cote picarde. D'ailleurs, Vollon a réalisé plusieurs vues du Tréport. Mort en 1900, Vollon demeure un homme du 19e siècle, d'un tempérament profondément réaliste avec ses natures mortes solides, bien réelles, bien terriennes. Il s'inscrit dans la tradition de Chardin, et dans la contemporanéité de Fantin-Latour, peintre mieux passé que lui à la postérité. Certains considèrent pourtant Vollon comme un précurseur de l'impressionnisme (au même titre que Manet ou Boudin) car il excellait dans les rendus atmopshèriques des ciels. Son oeuvre est à découvrir au Musée d'Orsay, de Dieppe ou de Rouen.
Par Claire Maingon le 2 août 2007
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Philippe Cognée, artiste nantais, est une figure importante de l'art contemporain français. Né en 1957, il a vécu au Bénin avant de revenir en terre natale et faire des études d'art. Son oeuvre peut être définie comme figurative, partant et s'inspirant du réel mais sans complaisance ni facilité. Cognée a été l'inventeur dans les années 1990-2000 d'un processus nouveau et aujourd'hui bien réemployé par les jeunes artistes contemporains : il prenait des photos d'images vidéos, les transformait en peinture en les tendant sur un châssis, en les passant à l'encaustique puis en les écrasant au fer à repasser. Cette étape finale donne à ses oeuvres une matière originale et tout à fait particulière. J'aime bien la Bibliothèque orange qui appartient à la galerie suisse Alice Pauli. On y voit un élément familier mais rendu flou, comme inaccessible, confiné dans un rêve lointain ou l'esprit brumeux d'un éthylique. D'une certaine façon, cette démarche de reprise et de camouflage peut évoquer les tavaux différents d'Alain Jacquet, peintre POP français qui a masqué et détourné des photographies, des oeuvres célèbres et des images publicitaires. L'oeuvre de Cognée fait régulièrement l'objet d'exposition en France, la dernière en date ayant eu lieu à Paris à la Fondation Electra.
Par Claire Maingon le 27 juillet 2007
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La Belle Strasbourgeoise est sans doute l’un des portraits les plus célèbres du peintre du XVIIIe siècle français, Nicolas de Largillière. Peint en 1703, il demeure encore un mystère car son modèle n’a pu être identifié avec certitude. Ce dont l’on est sûr est qu’il s’agit d’uncostume de la lointaine province, avec ce chapeau si typique. C’est un grand bicorne de feutre noir passablement encombrant. Il semble pourtant que les dames de la cour de Versailles en aient été folles. Remarquez dans ce portrait la finesse du traitement des étoffes et des jeux de rubans. Les temps du Roi soleil ont été ceux d’une belle magnificence pour les femmes. L’histoire de la mode est vraiment passionnante à étudier. Revenons à notre peintre. Largillière a eu beaucoup de rivaux et brillait parmi les académiciens de son temps. Bien sûr, il a été l’une des vedettes du Salon qui était l’exposition annuelle des membres de l’Académie. Le petit chien que la belle tient dans ses bras est assez comique car visiblement peu à l’aise. Il donne par son air agité une vivacité qui contraste avec le teint de porcelaine de notre belle provinciale, ou parisienne travestie que l’on suppose, peut-être, avoir été la sœur du peintre.
Par Claire Maingon le 26 juillet 2007
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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) est un peintre chéri du grand public, il est l'un des plus connus parmi les impressionnistes. L'artiste amoureux des femmes aux belles croupes a son style bien à lui, parfois un peu mièvre il est vrai. Renoir a passé une grande partie de sa vie à Cagnes-sur-mer, où se trouve aujourd'hui un musée qui porte son nom. Il était un tempérament modeste et discret mais c'était surtout un homme très intelligent. Le peintre avait de bons mots pour décrire l'absurdité de la vie. "Ce dessin m'a pris cinq minutes mais j'ai mis soixante ans pour y arriver". C'est au moins du Desproges, non? Cette espèce de détachement, d'ironie, lui était peut-être venue de sa maladie. Vous savez que l'artiste a fini dans une chaise, les doigts complètement atrophiés par l'arthrose. Bizarre, pour un peintre, non? On voit parfois des photos de lui avec des pinceaux attachés aux mains, très vieux et complètement émacié. Les mauvaises langues ont dit qu'on le forçait à peindre, ce qui est faux. C'est Renoir qui réclamait cela car peindre était sa seule raison de vivre. C'est extra de voir ce vénérable monsieur, impotent, peindre encore à cette époque des femmes si en chair, créer et faire vivre une peinture si appétissante. Quoiqu'en laisse penser sa silhouette, bon sang, ce type aimait la vie. Bien sûr, ses meilleures oeuvres et les plus célèbres sont celles des débuts, Le Moulin de la galette, Le Déjeuner des canotiers. Elles s'inscrivent en plein dans la découverte de l'impressionnisme, ce moment où, pour paraphraser le peintre, lui et Monet avaient appris à peindre les ombres non avec du noir mais avec du bleu...A cette époque, ils furent pris pour des fous, des ursurpateurs. Mais grâce à leur talent, leur amour de la peinture et quelques marchands, les impressionnistes ont réussi à imposer leur vision de la nature comme la nouvelle école de la peinture indépendante. Chapeau.
Par Claire Maingon le 22 juillet 2007
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Marcel Gromaire est un peintre français dont la place est capitale dans l'histoire de l'art français des années trente. Son talent est bien reconnu des spécialistes et amateurs éclairés mais le grand public l'ignore encore. De ce point de vue, on peut à la fois se féliciter que la Ville de Paris lui ait consacré une exposition dans son nouvel espace du 20e arrondissement, le Carré de Baudouin (vers Belleville), mais on peut déplorer qu'elle soit demeurée si confidentielle. Pas d'affiches, pas de catalogues. Ca laisse dans la bouche un goût d'inachevé. Restent les oeuvres, heureusement. Et on peut compter sur le talent de Fabrice Hergott, le nouveau conservateur du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, pour avoir sélectionné quelques perles : le Faucheur Flamand, l'Académie, le Nu à la baignoire, le portrait du Dr Girardin. C'est grâce à ce dernier que Gromaire est si bien représenté dans les collections de la Ville car il a legué une centaine d'oeuvres au Musée. Des oeuvres que l'on voit peu car la peinture de Gromaire, un "expressionnisme" assez sombre des années 25-30, marqué par la Grande Guerre, n'est pas très à la mode. A coté des plus connues, on a pu découvrir justement quelques oeuvres rares et sensibles comme le Canoé. Une de mes préférées ainsi que du public des visiteurs car elle dégage une poésie un peu mélancolique, une perfection harmonieuse et entière. C'est un bijou. En découvrant souvent pour la première fois des toiles que l'on l'habitude de ne voir qu'en reproduction, on comprend la richesse des coloris de Gromaire, la monumentalité de ses figures mais aussi la légèreté de son talent d'aquarelliste. Si vous aimez cette peinture réputée difficile à aimer justement, allez faire un tout à la Galerie de la Présidence qui est spécialiste de son oeuvre.
Par Claire Maingon le 21 juillet 2007
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Jean Béraud (1849-1935) est sans aucun doute le peintre le plus célèbre de la vie parisienne sous la Belle Epoque. Cet artiste, dont on peut voir les oeuvres au Musée Carnavalet et au Musée des Arts Décoratifs,fut un contemporain de Proust. On sent bien dans ses toiles les ambiances feutrées, bourgeoises, décrites avec brio par le romancier. Béraud a fréquenté les Salons littéraires, les cafés, mais a aussi croqué les simples petits métiers. Sa peinture est appréciée à travers le monde entier, et souvent d'ailleurs mal reproduite. Mais les choses changent notamment grâce à l'auteur du catalogue raisonné de son oeuvre qui défend l'image de marque de Béraud. On trouvera d'ici peu une lithographie originale d'après une de ses toiles célèbres. Ce peintre mérite l'excellence. L'un de ses sujets fétiches a été la vie des boulevards, ces lieux de passage si fréquentés depuis le Second Empire. J'aime sa peinture car elle permet vraiment de sentir la vie de ce temps devenu lointain mais pourtant tellement moderne.
Par Claire Maingon le 20 juillet 2007
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Surnommé "le dernier des Romantiques", Jean-Jacques Henner (1829-1905) n'était pas pourvu de moins de talents qu'un Ary Scheffer. Ce peintre d'origine alsacienne, arrivé à Paris peu avant le Second Empire, avait fait l'Ecole des Beaux-arts et remporté le Prix de Rome. C'était donc un excellent dessinateur et compositeur. De fait, Henner a bien gagné sa vie en exposant des portraits. Il était admiré pour ses capacités à rendre si parfaitement, divinement, la physionomie de ses modèles. Sa jeune fille de 1898 est assez emblématique, un mélange de littérature contemporaine et d'évocations préraphaélites. Henner a de nombreuses fois brillé au Salon officiel dont il était une coqueluche dans les années 1870, un moment où commençait à s'affirmer les tendances dissidentes de l'art vivant comme l'impressionnisme. D'ailleurs, il est faux de croire que tous les peintres académiques, comme lui, étaient opposés à la jeunesse plus frondeuse. Henner, qui faisait partie des membres du jury au Salon, a défendu Renoir lorsqu'il présenta le Portrait de Madame Charpentier et ses enfants. Vous saviez peut-être qu'il existe un musée Henner à Paris, avenue de Villiers, mais c'est pourtant au Musée de la Vie Romantique que vous pouvez le mieux découvrir son oeuvre. Une centaine d'oeuvres y est regroupée.
Par Claire Maingon le 17 juillet 2007
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Quoi de plus poétique que la mer? La mer qu'on voit danser le long des golfes clairs? C'est la question que se sont posés les conservateurs de la Royal Academy de Londres. L'exposition privilégie nos peintres impressionnistes naturellement. Faut dire que le milieu du 19e siècle correpond à une révolution : la peinture de plein air. Les artistes sortaient enfin de leurs ateliers. Grâce aux chevalets portatifs, aux couleurs en tube...et au chemin de fer. Ils sont allés voir de nouveaux paysages du coté de la Manche et de la Bretagne. Prenez un peintre comme Boudin. Il fut le premier à inciter Monet, qui deviendra le talent que l'on connait, à pratiquer la peinture de paysage en plein air. Les bords de mer ont représenté pour lui une vraie source créative dans les années 1880, au même titre que Whistler. Monet a peint des mers agitées, où l'on voit poindre la falaise d'Etretat, si caractéristique. Il aimait à cette époque la confrontation avec l'élément. Au point de voir parfois sa toile détruite par le vent et les embruns de la côte normande. Comme toujours, les effets de lumière au soleil couchant sont les plus remarquables. Mais ce qui est intéressant est que l'exposition entend un peu sortir des ornières de l'impressionnisme pur et dur pour montrer comment d'autres peintres contemporains - Manet, Courbet - ont peint la mer. Ces deux là étaient plutôt des citadins et des campagnards. On sous-estiment trop, sans soute, l'importance de la mer dans leur univers. Heureusement, nous pourrons nous fendre d'un aller-retour à London pour corriger cela, si vous n'êtes pas rebutés par les prix excessifs de l'eurostar et de la ville en elle-même.
Par Claire Maingon le 13 juillet 2007
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François Morellet, un sympathique artiste de 80 ans
Le peintre et platicien contemporain François Morellet aime les défis. Pour preuve, il a entrepris de sélectionner pour son exposition au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris 11 toiles de petits formats et d'exposer avec elles leurs répliques agrandies. Jeu de poupée russe. Cet artiste, à plus de 80 piges, continue d'explorer avec humour le monde de l'abstraction rétinienne, en s'offrant de beaux détours entre toutes les cultures du monde, notamment l'art aborigène. A priori, un beau grand écart. C'est clair, quand on regarde l'oeuvre de Morellet depuis les années 50, on s'aperçoit qu'il est un des pères du minimalisme français. Il s'est forgé une trame comme d'autres font des lignes une signature. Morellet a pas mal bossé avec Dan Flavin, maître du néon auquel le même musée rendait hommage il y a peu. L'art de Morellet, comme celui de Flavin du reste, n'est pas narratif mais contemplatif. Il est son propre référend dans un monde universel et intérieur. Finalement, les français connaissent mal son oeuvre tandis que sa réputation a bien dépassé les frontières de l'hexagone. Saisissons l'occasion rare qui nous est donné cet été de prendre contact avec lui.
Par Claire Maingon le 6 juillet 2007
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Jusqu'au mois de septembre, le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux présente une belle exposition qui n'a pas été suffisamment annoncée dans la presse parisienne : celle consacrée au peintre André Lhote. Lhote est un acteur important de l'avant-garde figurative parisienne de l'entre deux guerres. Né en 1885, son oeuvre est à mi-chemin entre l'émulation du cubisme et la culture classique. Contrairement aux apparences, ces deux sources iconographiques et esthétiques n'ont rien d'inconciliable. Picasso lui-même, et bien avant la Grande Guerre, avait travaillé sur l'oeuvre de Ingres et d'autres peintres considérés comme "classiques", c'est à dire à la recherche de la proportion parfaite, de l'idéalisation, de la référence à l'antique. La peinture de Lhote a cela d'intéressant qu'elle n'est pas figée dans les ornières du cubisme. Intelligible, elle est le résultat d'une personnalité intellectuelle, très réflechie sur les questions de l'art et de la représentation. Lhote fut un grand professeur qui forma, dans so nacadémie ouverte dans le quartier de Montparnasse, de nombreux artistes souvent d'origine étrangère. Ce que le critique André Warnod avait nommé en 1925 "l'Ecole de Paris". Lhote, de surcroît, a été un théoricien prolixe. L'exposition qui lui est consacrée à Bordeaux fait suite à d'autres manifestations importantes qui avaient eu lieu ces dernières années, à Valence notamment. A visiter sans modération cet été.
Par Claire Maingon le 4 juillet 2007
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Claudio Bravo (né en 1936) est un artiste contemporain dont l'oeuvre est en ce moment exposée à Biarritz. Parfait pour les vacanciers que vous êtes, semble-t-il. Ce peintre officie dans un genre un peu décalé : celui de l'hyperréalisme dans lequel il excelle. Il est rare aujourd'hui que les artistes vivants nous bluffent par leur technique, une virtuosité "traditionnelle" au métier de peintre. Mais contrairement aux apparences, avec Claudio Bravo, nous ne sommes pas si loin de l'art conceptuel puisqu'il cherche à dépasser les limites de la représentation. Autrement dit, pour classique qu'il se considère, il ne s'enferme pas dans le monde sensible. Mais doit-on le renier pour autant? Démarche subtile.Bravo n'utilise aucun appareil photo. Originaire du Chili, il a également peint une grande quantité de portraits qui ont fait sa renommée. Mais ce sont avant tout les étoffes qui occupent le centre de son intérêt. Les draperies jouent un rôle esssentiel dans l'iconographie sacrée et profane depuis l'Antiquité. En cachant, elles dévoilent aussi et sont des éléments participant à la symbolique. Claudio Bravo s'est construit un regard sur le monde que l'expo de Biarritz entend dévoiler, elle aussi.
Par Claire Maingon le 3 juillet 2007
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Fantin-Latour (1839-1904) fut un remarquable peintre de nature morte. Ce genre porte bien mal son nom. Les Anglais, qui l'ont qualifié de "Still life", ont mieux traduit l'ambition des artistes du 19e siècle : rendre et faire sentir le réel. Avec Fantin, on plonge dans une réalité bourgeoise, aux vases de fleurs précieuses, où les tables sont dressées avec raffinement. Travaillant dans son atelier parisien, l'artiste avait pourtant les mêmes préoccupations que les peintres du plein-air, soit la lumière. D'ailleurs, les impressionnistes s'intéressaient à son art. C'est au peintre Whistler qu'il doit une première renommée en Angleterre. En ce moment, vous pouvrez découvrir la variété de son talent à la Fondation de l'Hermitage, en Suisse, grâce à une grande exposition. L'idée des conservateurs est notamment de sortir Fantin-Latour de l'ornière de la nature morte en montrant qu'il fut aussi un beau portraitiste. Loin des sujtes réalistes de Courbet, Fantin évolue dans les cercles de la bourgeoisie de son temps. L'une de ses oeuvres les plus justement célèbres s'intitule l'Hommage à Delacroix (Paris, Musée d'Orsay). Fantin s'y est représenté avec un groupe de peintres et de poètes, dont Manet et Whistler, autour d'un autoportrait de Dealcroix, icone de la modernité en peinture et dont ils se revendiquent comme les héritiers. Contemplatif, Fantin ne cherche jamais pas la critique sociale. Juste à témoigner fidèlement de son époque. Un bel artiste.
Image : L'hommage à Delacroix, Musée d'Orsay
Par Claire Maingon le 1 juillet 2007
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L'Histoire du fauvisme a débuté au Salon d'Automne de 1905. Matisse, avec sa Femme au Chapeau (conservée à Los Angeles), est apparu comme le chef de file d'une jeunesse révoltée, démangée par la couleur pure. Parmi les adeptes de cette pratique anti-académique et anti-conventionnelle, on trouve le peintre Othon Friesz. Le Musée d'Art de Céret lui consacre cet été une importante rétrospective. Cela n'était pas trop tôt. Né en 1879 au Havre, Friesz a lui aussi été ébloui par la peinture de Cézanne dont il se considère comme un héritier. Suivant le maître d'Aix, il construit, il refuse un art d'imitation. Il transpose. Friesz peint au coté de Matisse puis expose avec Manguin, Van Dongen et Derain, soit le reste de ce groupe éphèmère dans l'histoire de l'art contemporain. Ayant fait son voyage initiatique dans le Sud, il y peint ses plus beaux paysages. Les couleurs sont locales mais traitées sans modulation, en aplats, avec une énergie impressionnante. Friesz donne aussi à la figure une place essentielle dans ses paysages. Plus tard, après la Grande Guerre, Friesz revient vers une peinture plus traditionnelle, ce qui est communément appelé "le Retour à l'ordre", soit l'intérêt des artistes d'avant-garde dans l'entre-deux-guerres pour les sources classiques de l'art français.
Par Claire Maingon le 27 juin 2007
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Yves Tanguy a parfois été taxé d'être un surréaliste mineur. Moins célèbre que Dali, on lui prête parfois les mêmes atmosphères étranges. Pourtant, son oeuvre est un monde en soi très personnel. Etrange, inconscient, immatériel. Ce peintre d'origine bretonne doit sa vocation à la découverte dans une vitrine d'une toile de De Chirico, maître du surréalisme italien et de la peinture métaphysique. Tanguy entre dans les ordres du surréalisme sous la conduite d'André Breton. Longtemps, le peintre vécut dans la misère. Les choses changèrent après que Pierre Matisse, galeriste et fils du peintrre célèbre, lui offre un contrat. A ce moment, en 1939, Tanguy devient le premier peintre français du surréalisme a être exposé aux Etats-Unis. Pas mal pour un artiste qui demeure aujourd'hui moins connu que Miro ou Ernst. Le problème de la méconnaissnace tient peut-être au fait que Tanguy est mort jeune, en 1955. Ses oeuvres sont d'autant plus rares. En ce moment et jusqu'au 30 septembre, le musée de Quimper a fait le pari de lui consacrer une exposition. C'est un gardn mérite qui permettra aux spectateurs de ce confronter aux univers fantastiques de Tanguy. J'admire la façon qu'il avait de peindre des espaces lunaires et des ciels aux couleurs subtiles, délicatement fondues. C'est un rêve éveillé.
Par Claire Maingon le 19 juin 2007
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D'accord, d'accord. Stella est bien une enseigne fameuse de bière. Mais que ferait cela dans le Blog Art? C'est de Jacques Stella dont il s'agit bien sûr, vous l'aurez reconnu. Vous ne le connaissez pas? C'est vrai que ça date un peu. Ce peintre est l'un des maîtres français du 17e siècle, sous Richelieu. Il est aujourd'hui l'objet d'une exposition au Musée des Grands Augustins, à Toulouse. 150 oeuvres sont montrées, dont certaines provenant de collections américaines. Fils d'un peintre flamand, Stella s'est formé en Italie et devint l'ami de Nicolas Poussin. Il fut ensuite choisi pour figurer parmi les peintres du roi, un statut de prestige. Stella a excellé dans la peinture des madones qui représente sa "marque de fabrique". Justement, le musée de Toulouse conserve entre autres une toile représentant le Mariage de la Vierge, un immense carton de tapisserie pour Notre Dame de Paris. Stella est aussi connu pour avoir peint des petits motifs sur des supports semi-précieux comme le lapis ou l'albâtre. Son oeuvre est tout à fait spécifique de ce moment d'apothéose qu'a connu la peinture classique française au milieu du 17e siècle avec les peintres Champaigne, Le Sueur ou La Hyre. En plus de visiter cette exposition, on pourra consulter (en buvant une bière, pourquoi pas) le beau catalogue édité à cette occasion.
Par Claire Maingon le 14 juin 2007
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Comme l'un de nos lecteurs l'a justement remarqué, la personnalité de l'artiste Judit Reigl - en ce moment à l'affiche d'une double exposition Reigl-Hantaï à la galerie Malingue - est encore trop méconnue du grand public. Son talent est pourtant grand. Comme Hantaï, Reigl est d'origine hongroise. Née en 1923, elle s'est installée à Paris en 1950 et fut également influencée par les surréalistes. Ses oeuvres comportent une nature expérimentale qui la rapproche aussi de certains courants des années 70 comme Support-Surface, dont l'objet de la peinture est la peinture elle même. Ses oeuvres présentent une forte matéralité colorée, vive, et possèdent l'aura d'oracles modernes. C'est un sentiment personnel. Toutes ses oeuvres ne sont pas abstraites, l'empreinte du corps, la silhouette humaine occupe une place essentielle dans sa dialectique avec le monde extérieur. Parmi les dernières séries les plus marquantes dans l'art de Judit Reigl, on peut mentionner celle que lui inspira les attentats du 11 septembre sous le titre de New York, 11 septembre 2001. Après le Musée de Soissons, on peut découvrir en ce moment l'oeuvre de cette artiste marquante du passage entre l'abstraction des années 50 et 70 à la galerie L'or du temps, rue de l'Echaudé, jusqu'au 7 juillet.

Par Claire Maingon le 11 juin 2007
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Georgia O'Keeffe est une peintre américaine de renommée mondiale. Née en 1887 dans le Wisconsin, elle est morte en 1986, à 99 ans, après avoir peint des oeuvres incroyables. On peut découvrir sa peinture sur le site du musée dédié à son oeuvre, à Santa Fe. O'Keeffe a eu une vie peu commune. Déjà, elle avait réussi à échapper à sa condition familiale et rurale et à devenir artiste. D'autre part, une fois devenue artiste, elle fut mariée à un homme hors-nomes: Alfred Stieglitz, photographe et pionnier dans la promotion des avant-gardes à New York dans les années 1920. O'Keeffe a passé la fin de sa vie au Nouveau Mexique, une terre aride qui lui a inspiré des paysages à nul autre pareil. J'aime la peinture de O'Keeffe car elle demeure toujours figurative mais entraine notre esprit vers l'abstraction. Elle nous permet de voir, au travers du monde visible, l'invisible et l'immense, l'infini. Comment? En se concentrant sur des détails de fleurs, pris en gros plans, qui deviennent comme des paysages immatériels et surréalistes. Elle a fait de même avec des vues de montagnes, de lacs, qui se reflètent dans le ciel, comme les miroirs de l'âme. Poésie et modernité. Telle est l'oeuvre de Georgia.
Par Claire Maingon le 8 juin 2007
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Simon Hantai et Judith Reigl sont deux artistes hongrois que le galeriste Daniel Malingue a choisi de confronter. L'oeuvre de Hantai, né en 1922, est remarquable et d'une grande invention. Hantai s'est formé dans l'orbite du surréalisme de André Breton. Puis, comme tant d'autres, il s'est détaché du "pape" pour cheminer librement. Le pliage a été au coeur de son oeuvre dans les années 1960. Hantai pliait la toile, la froissait et la remplissait de couleur avant de la déplier. Voilà une pratique très libre et inhabituelle dans la culture occidentale du pinceau et de la palette, plus proche de l'Action painting de Pollock. Hantai continua ensuite de produire une oeuvre abstraite géométrique. Ses formats sont de grandes dimensions et peuvent être découverts aisément en se promenant dans les salles du Centre Pompidou à Paris. Les pliages de ce peintre restent ses oeuvres les plus célèbres. Elles offrent une impression étrange d'accident et de propreté. Hantai livre un vibrant travail sur la notion de l'empreinte, moderne et éternelle à la fois, de la mémoire. On peut lire à ce sujet l'excellent essai de Anne Baldassari publié en 1991. Et visiter l'exposition de la Galerie Malingue.
Par Claire Maingon le 5 juin 2007
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Ariba! Diego Rivera est un peintre mexicain né en 1886 et mort en 1957. Il fut l'époux de la non moins célèbre Frida Khalo, femme au tempérament exceptionnel et au visage très particulier. La vie de Rivera a commencé étrangement puisqu'il perdit son frère jumeau à l'âge de deux ans. Il grandit à Mexico puis partie en Europe assez rapidement. Tout se passait là-bas. Il visite l'ESpagne mais c'est à Paris que Rivera se fixe en 1909. Il devient une figure de l'Ecole de Paris, expose au Salon des Artistes Indépendants, rencontre Picasso et fréquente les cubistes. Mais la peinture de Rivera reste prodondément marqué par la culture mexicaine, très traditionnelle. Il est surtout un grand muraliste. Dans la série les rues de San Francisco, il a réalisé trois grands murals qui sont des décors pariétaux immenses et colorés. L'un se trouve au City College et fut réalisé en 1940 sur le thème de l'unité panaméricaine. C'est tout à fait saisissant et imposant. Rivera met en scène des personnages de l'univers artistique américain, notamment Chaplin, en montrant leur rôle dans la lutte anti-faciste qui marque son époque. Quand on est face à ce colossal mural, on pense à la chapelle Sixtine et à Michel Ange, en d'autres temps et d'autres lieux. Rivera a réalisé beaucoup d'autres murals dans d'autres villes des Etats-Unis et à Mexico City. Certains ont été détruits, comme à New York. On peut découvrir cette partie importante de son talent sur le site du musée vituel consacré à son oeuvre.
Par Claire Maingon le 2 juin 2007
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La peinture de Jean Rustin éveille des sensations de l'ordre de Bacon. C'est pourquoi elle me plaît. Mais, comme beaucoup, elle me dérange car elle fait mal. Cet artiste a souvent été accusé de peindre des sujets obscènes voire amoraux. Son travail sur le corps nous donne à voir ce que nous refoulons, que ce que nous craignons : une forme de laideur, de difformité, une étrangeté. L'univers est sombre mais pas sans espoir car dans le fond de sa peinture, il y a l'homme, sans fard, sans artifice. Né en 1928, Rustin a bénéficié d'une rétrospective à la Halle Saint Pierre en 2001, puis à l'Hôtel de Ville de Paris en 2004. Bien sûr, ce corps en souffrance renvoie aux images de la passion, sans le dogme, à la perspective de la mort et de l'oubli. Car ces personnages sont des anonymes. Il y a eu un film également consacré à l'artiste, réalisé par Elisabeth Azoulay et Alain-Charles Beau, tourné en 2004 aux éditions Babylone. Personnellement, je ne l'ai pas encore vu. Il y a aussi surtout une fondation qui porte son nom, à Anvers en Belgique.
Par Claire Maingon le 21 mai 2007
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Paul Chenavard, portrait de Madame d'Alton-Shée, 1863-69, Musée des Beaux-Arts de Lyon. Source
Paul Chenavard (1807-1895) est à l'honneur du Musée des Beaux-Arts de Lyon..Ca vous fait une belle jambe car vous ne connaissez pas Paul Chenavard. Mais si, c'est un peintre du 19e siècle dont les oeuvres sont présentées dans l'exposition Le temps de la peinture, Lyon, 1800-1914 jusqu'au 30 juillet. Peintre et dessinateur, Chenavard était un ami de Delacroix, que vous connaissez bien. Il bénéficia d'une grande commande qui le rendit "presque" célèbre : la décoration du panthéon, dans la nef. Les compositions de Chenavard sont d'ordre religieux, mais elles sont peu orthodoxes car Chenavard était un mystique. Il représente aujourd'hui l'une des grandes figures de l'Ecole de Lyon. A son époque, la capitale des Gaules n'était pas une ville très visitée mais elle connut d'intenses bouleversments grâce au développement de l'industrie. Aux cotés de Chenavard, on découvrira d'autres figures de la peinture lyonnaise du 19e siècle, notamment Révoil, un peintre fameux de scènes de genre historique.
NB: Une thèse d'histoire de l'art a été consacrée à Chenavard dessinateur
Par Claire Maingon le 20 mai 2007
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Julius Pincas, dit Pascin (1885-1903), n'avait pas son crayon dans sa poche lorsqu'il dessinait les nudités de la bohême des trottoirs de son temps. L'artiste est connu, souvent décrié, pour ses scènes érotiques assez salaces, si faut bien le dire. Né en Bulgarie, Pascin arrive à Paris en 1905 nourri de culture expressionniste captée à Munich, à la grande heure du Blaue Reiter mené par Kandinsky et Klee. Personnage assez désabusé de prime abord, il est attiré par les "freaks" du monde moderne, les clients bedonnants des bordels, les petits oiseaux perdus, les tigresses et les bonnes-soeurs pas très catholiques. Un peu comme Modigliani, Pascin est surnommé le "prince de Montparnasse". Vous me direz que Kisling, autre nom de l'Ecole de Paris, revendiquait aussi ce titre royal et pompeux. Qu'importe. Ce qui compte est que l'exposition qui a lieu au Musée Maillol jusqu'au 4 juin nous fait découvrir l'autre facette de Pascin, trop souvent ramené à ces clichés érotomanes qui, certes, sont réels mais ne composent pas uniquement son oeuvre. On le découvre cubiste, mais surtout maître incontesté du cadrage subtil, merveilleux peintre de la période dite "nacrée", des harmonies blanches. Ses modèles "fillettes" ne sont pas toujours si lubriques qu'on les présente, bien au contraire. Elles sont aussi poèsie et calme, modèle dans l'atelier. Une vente qui a lieu ce mercredi 23 mai à l'hôtel des ventes Drouot (14heures), par l'étude Millon et Associés, propose des dessins qui rendent bien compte de la richesse de l'imagination de Pascin, mais aussi de sa faculté de contemplation. Cruel, parfois sadique, tendre et parfois nostalgique, Pascin est un artiste vraiment significatif de l'école indépendante multiculturelle du Paris de l'entre-deux-guerres.
Par Claire Maingon le 19 mai 2007
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L’abstraction
des années cinquante est en train d'être redécouverte par le public
parisien. Il est vrai que ce courant sort tout juste d'une bonne et
profonde période de purgatoire. Manessier, Lanskoy, Degottex...autant d'artistes qui, pendant longtemps, n'ont plus eu la cote. L'exposition dédiée à l'Envolée lyrique, magnifique, qui avait eu lieu au
Musée du Luxembourg en 2006 avait déjà remis les pendules à l'heure.
Certains sont allés la visiter deux fois tellement ce fut une
révélation. Il est vrai que les toiles de ce genre gagnent beaucoup à
être montrées ensemble, ce qui fait parfois leur point faible. Mais on
y découvrait le vrai visage de cette peinture que l'on croit hermétique
alors qu'elle est profondément sensorielle, et ne peut pas toujours
être appréhendée par l'intellect. Ces artistes avaient souvent
participé à la reconstruction cultuelle de l'après-guerre en apportant
une dimension de modernité à la question du sacré.En ce moment et
jusqu'au 26 mai, la galerie Applicat-Prazan, rue de Seine, présente la collection de Alain Delon
qui comporte beaucoup de représentants de cette abstraction de l'après
seconde Guerre Mondiale, un temps marquée par la libération comme tous
les après-guerres. C'est l'arroseur arrosé car la collection, par sa
cohérence, dévoile un pan méconnu de la facette de Delon. Enfin, ayons
une pensée pour Jean Le Moal,
peintre abstrait de cette génération que l'on appelle parfois Nouvelle
Ecole de Paris, qui vient de dispaître le 16 mars dernier à l'âge de 98
ans. Parmi son oeuvre figurent les vitraux abstraits de la cathédrale de Nantes. Jean, si tu nous entends... Une boucle est bouclée.
Image : toile d'Alfred Manessier
Par Claire Maingon le 9 mai 2007
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Parmi les acteurs du Nouveau Réalisme qui sont exposés en ce moment au Grand Palais, Martial Raysse
(né en 1936) fait un peu figure à part. Le "Dada" de Raysse, si l'on
peut dire, c'est le néon. Cet artiste a travaillé ce matériau nouveau
au point d'en faire son médium de prédilection. Médium, car le néon est
un véhicule d'énergie. Il met en mouvement la lumière sans violence. De
ce point de vue, l'oeuvre de Raysse apparait presque sage au milieu des
affiches lacérées, des détritus accumulés par les autres nouveaux
réalistes tels que Villeglé ou Arman.
Raysse avait commencé sa carrière par des études de lettres, et
l'athlétisme, avant de se lancer dans la peinture à l'âge de 19 ans. Le
néon est pour lui le gage d'une "hygiène de la vision", et ce coté
hygiénique de l'art n'est pas sans rapeller les nus de Wesselman,
chantre du Pop Art Américain. Les visages de femmes peints par Raysse
ont la bouche soulignée au néon, ce qui leur donne un charme
furieusement érotique, en dépit du caractère urbain et asceptisé du
matériau. De quoi donner matière à imaginer de belles
histoires...d'amour électrique.
photographie : Martial Raysse, Peinture à haute tension, 1965
Par Louis Asselin le 2 janvier 2007
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"Ah Chica!" diront certains qui se laisseront inspirer par ce chaos de Ventura!
Par Edouard Ballot le 2 janvier 2007
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Les caméras du monde sont braquées sur le Vatican.
La musique passe, je me dis que la mort a ce mérite d’avoir incité les hommes à créer les Requiem…
Maintenant, regardez un peu cette illustration – ne lisez pas le texte dont la critique papale est déjà entendue et répétée. Regardez le « dessin », si je peux parler de dessin pour ce « dessinateur » qui s’illustre (entre autres) dans Le Canard Enchaîné.
Au début, lorsque j’ai commencé à voir les illustrations de Wosniak (polonais d’origine, lui aussi), j’ai ressenti une sorte de rejet. Avec le temps, il est devenu l’illustrateur dont l’art m’intrigue le plus. Très dépouillé et très expressif, difforme et juste, poignant et amusant, caricatural et sensible, légèreté et profondeur…
Une scène africaine : le soleil, des cases, un éléphant, un oiseau qui observe, des adultes à terre ou courbés, dont les petits se confondent avec la basse-cour et un homme à la tête fatiguée et au bras pathétiquement levé vers le ciel, vaguement rageur.
Par Louis Asselin le 11 novembre 2005
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Luc Bernad est de retour. Des mois à Madagascar. Voici son premier jet.
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Magistral ce Chica-Ventura. Suis ravi de ce peintre. La figuration critique, ça fait pas de mal.
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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On peut dire que l'humanité brille par son absence.
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Y a comme un voile sur cette page d'histoire.
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Jean-Marie Chica-Ventura et Belchite
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Envol de poutrelles métalliques
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Appréciez le silence qui règne à l'extérieur de la peinture.
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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C'est toujours sous la ligne d'horizon que ça se passe ici bas.
Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Par Louis Asselin le 4 novembre 2005
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Ceci (et ce qui suit de l'inventaire du désordre) a été peint par
Jean-Marie Chica-Ventura en Seine-Saint-Denis, où se situe son atelier.
Par Louis Asselin le 13 juillet 2005
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Pourquoi les peintres ne jubileraient-ils pas ?
Lacroix fête dignement le 14 juillet : du bleu, du blanc, du rouge, et une Marianne submergée par la fête.
J'aimerais bien coller le timbre de cette peinture sur mes courriers pour l'étranger...
M'enfin, je crois qu'une des peintures de cette trilogie tricolore est déjà partie aux Etats-Unis.
On aime bien la France là-bas.
Par Louis Asselin le 7 juillet 2005
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Plaur
(Luc Bernad) finissait cette peinture lors des événements du 11
septembre 2001. Il l'a appelée "9/11", et moi, je la nomme la "vraie
9/11" par opposition à ""vraie-fausse 9/11"
- celle que j'avais interprétée comme une vision prémonitoire du jour
le plus tragique du XXI eme siècle naissant - avant ce que nous
connaissons depuis...
Par Louis Asselin le 29 juin 2005
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Allô, Plaur ? demandai-je.
Plaur n’existe plus depuis longtemps, me dit Luc Bernad.
C’est l’histoire d’un artiste qui se choisit un nom d’artiste – Plaur-, se crée un univers original, produit une centaine d’oeuvres, les montre assez peu, quelques fois, au milieu d’un tas d’artistes ou dans le cadre éphémère d’une performance ; est déçu du public, veut aller au-delà et fait disparaître Plaur.
L’artiste existe toujours, il est en ce moment en voyage à Madagascar, jusqu’en septembre.
A ce stade de ma note, je ne peux m’empêcher de citer un passage sur Guy Debord, extrait de La Guerre du Goût (Sollers) : (…) écrivain français dont quelques amateurs savent qu'il est, de loin, le penseur le plus original et le plus radical de notre temps. Un lecteur à Jérusalem, un autre à Stockholm, un autre encore à Sydney, deux à Paris, cinq ou six autres ailleurs, cela suffit amplement (…) Mais enfin, qui est ce Debord ? Vous le connaissez ? Où peut-on le rencontrer ? L’interviewer ? Le photographier ? Le filmer ? Comment vit-il ? Qui le paye ? Pourquoi sa maison d’édition n’adresse-t-elle pas ses livres aux journalistes ? (…) Sensibilité extrême soulignée par une feinte froideur… Très facile à lire, très difficile à comprendre (…)
C’est vrai ça, pourquoi l’ex Plaur montrerait-il son univers ? Quelques initiés… Quelques enfants passionnés… Peut-être en Europe du Nord. Les curieux en sauront plus dans quelques mois sur son site Internet. Pourquoi chercher à le comprendre ? J’y renonce. C’est superbe. Unique. Bosch contemporain.
Je synthétise :
1er temps de chaque peinture : des brosses pour construire ses architectures et les contraster.
2eme temps : choix d’une musique, danse et peinture simultanée à l’aérographe de ses figurines en ligne.
Le processus de création est structuré, mais l’élan et la spontanéité dominent les 2 temps et les mille mouvements de danse et de dessin à la peinture.
Si je devais reprendre la classification de Dali (technique, inspiration, couleur, sujet, génie, composition, originalité, mystère et authenticité), mes meilleures notes iraient au Mystère et à la Composition.
Par Louis Asselin le 28 juin 2005
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J'aime bien ce titre d'exposition "Plongeons dans la peinture" : à lui
seul, il résume pourquoi nombre d'artistes restent, reviennent ou vont
vers la peinture.
La peinture est une matière plastique...
Le peintre Reyberolle est décédé en début d'année, et l'espace Paul Rebeyrolle, en plein Limousin, a mis sur pieds une expo spéciale sur 1000 m2, avec des peintures dont la plupart n'ont jamais été montrées au public.
"Plongeons dans la peinture" dure jusqu'au 17 juin 2006.
Ci-dessus : Amélioration de la santé, 1999, série Le monétarisme, 135 cm x 195 cm. Ci-dessous : une des peintures du tryptique Les curieux, 1995.
Par Louis Asselin le 26 juin 2005
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J'adore
les vernissages - je devrais me spécialiser là-dedans comme certains
deviendraient experts en éthologie des "pots de départ".
Bien sûr, il y a le rendez-vous avec l'art -mais avec lui, mieux vaut revenir, ou choisir un autre moment pour l'apprécier en tête-à-tête. Non, je pense surtout aux rencontres entre les artistes et les invités, aux commentaires du public sur l'art.
Ecouter les commentaires, ça c'est grisant : tout se dit et rien ne se dit. Un verre de vin à la main, et un petit coup dans le nez, facilitent la communication. L'art accouche du verbe, comme un psychanalyste fait de l'obstétrique mentale.
Là, la galerie du Jas de la Rimade s'est transformée en annexe du Musée de l'érotisme avec, cet été jusqu'à fin septembre, deux pointures (calibres ?) du genre, tous deux présents au Musée parisien de l'érotisme : Bastow et Ceytaire(les deux qui trinquent au-dessus).
Je félicitai Ceytaire d'oeuvrer pour la décentralisation de l'art contemporain, il me répondit, légèrement provocant, qu'il ne se passe pas grand chose à Paris dans le domaine de l'art. Facile pour un parisien de dire ça...
Suite de la note : en haut détail d'un Bastow (avec l'artiste dans la scène comme d'habitude) ; au milieu, Bastow communique avec des visiteurs ; en bas, un Ceytaire exposé à la galerie.
Par Louis Asselin le 24 juin 2005
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Pierrick Allemand le latin : lui, c'est un peintre coloriste de toutes les extraversions féminines, citadines et sociales.
Je pense qu'il va se bonifier avec le temps car le talent de la narration picturale pointe.
Comme Patrice Longo ici présent, avec qui les disgrâces deviennent jubilatoires à force d'extravagance au beau milieu du quotidien.
Ces deux peintures se nomment "la liberté" et "la barpapapiste".
Par Louis Asselin le 23 juin 2005
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Dans
ma saga des peintres contemporains, dont j'essaye de suivre les faits
et gestes au point peut-être qu'un jour les internautes amateurs
pourront suivre en direct la création d'une oeuvre, figure René Lacroix
: un expressionniste coloriste jusqu'auboutiste. Ses couleurs se
répandent sur la toile et finissent par former des paysages féminins,
voire des femmes (!) qui se répandent dans le monde...
Ces coulées de couleurs et de femmes aux apparences chaotiques subissent, en fait, le compas de Lacroix, ex architecte.
En ce moment, il est mordu du vert - ses dernières peintures sont ici et dans la suite de la note.
Par Louis Asselin le 23 juin 2005
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Le Musée Rath de Genève expose jusqu'au 21 août 80 oeuvres du peintre suisse Ferdinand Hodler (1853 - 1918).
Amoureux de peinture et de "paysages atmosphériques", allez-y !
Ici reproduit (en détail) La rade de Genève à l'aube - une des dernières oeuvres d'Hodler.
Détail d'une toile de 1884, L'ouvrier philosophe
Par Louis Asselin le 23 juin 2005
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Difficile de ranger les oeuvres de Clark et Pougnaud
: lui est photographe, elle peintre et maquettiste. Il photographie des
personnages réels en studio avant de les "intégrer" dans des décors
miniature (maquette et peinture) qu'elle crée.
Les galeries se les arrachent : à Paris (galerie Esther Woerdehoff) et aux Etats-Unis (Catherine Edelman Gallery). Le musée de l'Image d'Epinal leur a commandé une série intitulée "C'est la vie".
Ci-dessus, une photo de la série "Les bourgeoises d'Angoulême" ; ci-dessous, une photo extraite d'une série "Hommage à Hopper" - peintre des solitudes américaines et des existences figées.
Par Louis Asselin le 21 juin 2005
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Après un film sur la vie -tumultueuse- de Frida Kahlo, voici une exposition londonnienne (Tate Modern) explorant son oeuvre.
80 peintures, dessins, aquarelles et photographies.
Surréalisme, art aztèque, folklore mexicain se greffent sur ses troubles existentiels, pour partie issue d'un accident qui la handicapera jusqu'à la fin de ses jours, en 1954.
L'exposition dure jusqu'au 9 octobre.
Frida Kahlo, Tate Modern, Bankside. 10h-18h / 10h-22h ven. et sam. tél. 00 44 20 7887 8000
Par Louis Asselin le 21 juin 2005
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Le peintre, qui a ses habitudes à l'Opera Gallery, rue Saint-Honoré avoue : la peinture actuelle ne l'intéresse pas. Manifestement, la sienne intéresse : sa cote est élevée !
Son galeriste a écrit dans sa monographie : "Néo-classicisme, réalisme fantastique, gothique et renaissance italienne se parfument de notes toscanes médiévales, étrusques, byzantines et orientalisantes. Par ailleurs, il ne dédaigne aucunement les tentations plus exotiques : l'école de Cuzco, le tatouage manori, la soldatesque de l'art japonais, et la liste n'est pas exhaustive."
Moi, je trouve justement que les références historiques sont pesantes... Ces belles peintures manquent de simplicité et de densité...
Par Louis Asselin le 20 juin 2005
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Le Carré d'Art
de Nîmes (Musée d'Art Contemporain) présente jusqu'au 18 septembre une
grande exposition sur la "nouvelle peinture allemande" - une vingtaine
d'artistes nés entre 1953 et 1975.
Ce genre d'expo, mieux vaut -si possible- la voir que d'en lire les commentaires. Comme souvent, l'administration du langage est un charabia, et en fait de "nouvelle peinture", je croule sous les Néo-expressionnisme, Néo-fauve, Néo-abstraction et Néo-pop...
Je retiens néanmoins que la plupart de ces peintres travaillent à partir de photos et de coupures de presse.
Nota : ici présenté, détail d'une toile de Franz Ackermann, 270 x 540 cm, 2000, Abschied auf see
Par Louis Asselin le 20 juin 2005
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Yamou vit en région parisienne, expose en France, au Maroc, en Amérique et actuellement en Belgique à la galerie Ephémère (Montigny-le-Tilleul), du 22 mai au 3 juillet.
Sa série de peintures se nomme "Germinations".
Paroles de l'artiste. "Envol de graines : le long de mon travail sur le végétal, il était question d’exalter le vivant, d’explorer les traces de lumière qui transpercent à travers les feuilles, de sonder l’énergie nécessaire au tracé de branches noueuses, de démêler feuilles, boutures et branches devenus entrelacs et arabesques par un long chemin de stylisation…
Le travail actuel s’intéresse aux graines comme prémices des plantes futures, comme structure cellulaire, comme des particules rondes en chemin vers l’humus originel, comme formes flottantes qui restructurent l’espace en introduisant une dimension aérienne."
Cela me fait penser au travail franco-arborigène ici présenté.
Par Louis Asselin le 20 juin 2005
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"(...) Michael Bastow s’acharne à peindre des femmes plus ou moins
belles pour leur donner ce qu’elles n’ont pas : son désir. Il les
représente délivrées de leur fonction, hors de l’esthétique où la
contrainte sociale tente inlassablement de les piéger, sans tenir
compte de la hiérarchie des valeurs établie par autrui.
Avec chacune, il retrouve la candeur de son regard archaïque, la force de l’émotion primaire. Certes, sa technique de pastel s’est affinée au cours des années, au point de devenir d’une complexité prodigieuse, mais sa maîtrise d’exécution ne le détourne jamais de l’émerveillement initial de la découverte, elle le sert." (Extrait d’un texte de Roland Topor)
Exposition au Jas de la Rimade, du 24 juin au 30 septembre, aux côtés de Jean-Pierre Ceytaire
Né en Angleterre en 1943
Etudes d’architecture à l’université de Melbourne, Australie
Quelques expositions récentes :
Musée Ricolleta, Buenos Aires
Galerie Janette Revilla, Lima
Osiris Gallery, Bruxelles
Ruth Ziegler Fine Arts,
New York
Galerie de Zwarte Panter, Anvers
Musée d’Erotisme , Paris
Galerie Alain Blondel, Paris
Fondation Veranneman, Kruishoutem, Belgique
Art Fair, Miami, USA
Galerie Catherine Alting, Anvers, Belgique
Galerie Cupillard, Grenoble
Forum Hambourg, Allemagne
Torlano Gallery, Melbourne
Galerie Jean Brillance, Paris
Galerie Isy Brachot, Bruxelles
Bramante Gallery, Londres
Expose à la Galerie Jas de la Rimade depuis 1994
Par Louis Asselin le 20 juin 2005
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« Avec Ceytaire c’est toute la dimension onirique, nimbée d’une acidité
sucrée-salée, qu’il faut digérer. Un dessinateur rare, un talent fou,
une maestria du geste, de l’écriture. Ceytaire dessine plus qu’il ne
peint, avec une légèreté époustouflante, explorant un monde - le sien –
d’une joyeuse perversité. Loin de céder aux tentations du grivois,
Ceytaire sait à merveille dépasser les limites de la convenance et de
la bienséance avec une finesse diabolique. Intelligent, brillant,
cultivé, tout séduit chez Ceytaire qui n’a pas son pareil pour
travailler dans la grande tradition de la feuille d’or. » (Extrait d’un
texte de Rémi Parment) Grande exposition de l'été au Jas de la Rimade,
du 24 juin au 30 septembre. Marcel Heinz - galériste et éditeur du
premier livre sur Ceytaire a écrit : "La hasard a voulu que je découvre
la peinture de Ceytaire bien avant que tout le monde n'en parle. Ce
choc pictural maissa chez moi des traces indélébiles : il me fallait à
tout prix percer le secret de ce peintre (...)"
Né à Paris en 1946
Peintre et sculpteur autodidacte
Château d’Allaman, Suisse
Fondation Coprim, Paris
Galerie Les Larmes d’Eros, Paris
Galerie Satyra, Kronberg, Allemagne
Galerie Opera, Singapour
Galerie Mirage, Tokyo
Galerie Tretiakoff, Moscou
Galerie Contraste, Bruxelles
Musée d’Erotisme, Paris
Galerie Humus, Lausanne
Expose à la galerie Jas de la Rimade depuis 1988
Collection publique : Centre National d’Art Contemporain, Fondation Coprim, Paris, Aéroport de Paris
Par Louis Asselin le 17 juin 2005
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Il arrive qu'un artiste se fasse violence et change radicalement de style.
C'est arrivé à Ciro Rizzo aux abords de la cinquantaine - la revue Azart lui consacre de belles pages dont son dernier numéro. Une galerie lui a refusé une exposition personnelle pour laquelle il avait beaucoup travaillé. Temps mort, KO pictural, puis renouveau avec changement du tout au tout : explosion jubilatoire de couleurs contre douceur effacée.
ici, je montre son Hommage à Van Gogh (2004, 100 x 73 cm), son Cirque (2004, 200 x 200 cm) et un visuel de sa période d'avant (suite de la note)
Par Louis Asselin le 17 juin 2005
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Azart
est une très belle revue de peinture contemporaine. Les reproductions y
sont de qualité (mieux qu'en vrai ?) et les reportages consacrés à
chaque artiste font souvent plusieurs pages. Le style est ouvert et ne
tombe pas dans l'horreur du discours abscon. Le rédacteur en chef, qui
est aussi le principal journaliste, semble ne pas ménager ses efforts
pour aller vraiment à la rencontre des artistes - ce sont ces
rencontres qu'il tente de faire partager aux lecteurs.
Le succès est là : lancé en 2002, ce volumineux bimestriel tire aujourd'hui à 45 000 exemplaires, est diffusé à l'étranger dans les pays francophones, mais aussi en Allemagne et aux Etats-Unis.
Une suggestion : pourquoi ne pas montrer davantage de peintres peu connus mais non moins talentueux ? "moins connus", cela veut dire aussi moins cher - que dois-je faire pour que l'art contemporain rentre dans toutes les maisons..?
Par Louis Asselin le 16 juin 2005
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Le
génie des lieux tombe sur certains villages... Les artistes y viennent,
se retrouvent, se renouvèlent. C'est là une alchimie géohumaine
mystérieuse : Collioure, Saint-Tropez, Pont-Aven, Barbizon pour la
peinture...
Au cours de l'été 1905, Matisse et Derain ont peint, côte à côte, Collioure -ce petit port catalan devenu depuis très très couru. Un siècle après, cet été, le Musée départemental d'Art Moderne de Ceret présente plus d'une centaine de gouaches, aquarelles et dessins.
Les amateurs apprécieront l'ampleur de l'événement. Ici reproduits : Les toits de Collioure (Matisse) et Bateaux de Collioure (Derain)
Par Louis Asselin le 13 juin 2005
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Est-il possible de constuire une oeuvre, dans le temps, à partir du point et de la virgule ?
Patrick Duperon en met partout, en solo, a minima, entre imaginaire et aléatoire, et dans des objets aussi inattendus, à notre époque, que des carrosses... Les habitués pensent à Miro.
Cela plaît... Il a tout récemment terminé la décoration d' un "dragon"- cette fameuse petite embarcation à voiles qui fait courir les têtes couronnées. Un parfumeur autrichien lui a aussi passé commande.
Atelier 35 à Mougins : 04 92 92 01 61
Par Louis Asselin le 13 juin 2005
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L'art naïf se regroupe et se montre avec cette Biennale internationale de l'art naïf (la cinquième), qui se tient à Laval du 4 juin au 2 octobre (Musée d'Art naïf, Chapelle Saint-Julien, Musée de la Perrine).
Art naïf ? D'autres les nomment "primitifs modernes" - ce qui les rend d'un coup plus séduisants, surtout si on ajoute que Picasso, Braque et d'autres les appréciaient...
Comment définir l'art naïf ? Impossible, sinon à noter l'extravagance des représentations, l'absence de convention et des parcours d'autodidactes : les grands maîtres de l'art naïfs au XX siècle ont été pépiniériste, employé des postes, valet de ferme, femme de ménage...
Par Louis Asselin le 10 juin 2005
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Avis aux amateurs : des inédits de Botero au Palais de Venise, à Rome, du 16 juin au 25 septembre. Réservations.
Je rappelle que Botero n'a pas l'exclusivité de la taille de ses personnages... Voir Maria Schuurman.
Par Louis Asselin le 10 juin 2005
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Fonds d'écran sur Canal Origine
Peep Pixel Show
Donneuse électronique universelle
Le pixel fatal
Ouverture au monde virtuel
Fournisseuse d'accès à Internet
BMVC : Bordel Médiatique Virtuel de Campagne
La tentation du virtuel
Ne pas toucher SVP.
Je précise : "L'origine du monde virtuel" est le vrai titre de la dernière [vraie]peinture d' Albert Szam. Voir aussi TV Bombing. Suggestions, commentaires ? Albert peut répondre sur ce blog.
Par Louis Asselin le 8 juin 2005
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Cette
pulsation du silence -visible à l'oeil nu (!)- est une réponse
harmonieuse, une solution diplomatique, une médecine douce presque au
déferlement mitrailleur des bruits, de tous les bruits, des sons et des
images.
L'agression multimédia est terrible.
L'univers expansionniste des média pourrait faire perdre la raison - surtout dans ces moments de fatigue où l'attention est captée et capturée, où le "temps de cerveau disponible" est confisqué, matraqué.
Eh bien, dans ces moments-là, où l'angoisse peut s'emparer du regardeur, je suggère d'arbitrer en faveur de la peinture de Yolande Bastoni.
Il faudrait pouvoir mettre ce "rythme du silence" en fonds d'écran de télévision.
D'abord appuyer sur "off" de la télécommande, puis ouvrir les yeux...
Sa prochaine expo aura lieu à la galerie Eclats d'Arts à Nimes (64 Bd Gambetta), du 24 juin (vernissage à 18h30) jusqu'au 30 août.
Les deux oeuvres (huiles) ici présentes mesurent 100 x 150 cm et 50 x 100 cm
Par Louis Asselin le 7 juin 2005
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Chronique du temps qui passe : Je suis. J'étais.
Pierre Marie Brisson est un maître dans l'art de passer du présent à l'imparfait.
Précision : un as non pas du passé composé, mais du présent recomposé.
Les scènes de la vie deviennent des fresques murales, comme en provenance de temps immémoriaux.
Son oeuvre invite au souvenir, et c'est simultané, à vivre au présent.
Avec Brisson le voyage dans le temps pointe aussi vers l'avenir : que deviendra ce que nous voyons aujourd'hui ?
Juste un élément de biographie : autodidacte précoce, il a exposé à 20 ans, en 1975 au musée Charles Péguy à Orléans.
Pour le reste, taper "Pierre Marie Brisson" dans l'incontournable Google, et lire les 67100 entrées...
Ah si, en ce moment et durant tout l'été, la galerie Marie et le Roy de Cotignac (Var) expose Brisson. Le promeneur y trouvera de beaux catalogues et livres sur l'artiste, dont celui intitulé Les Jeux Séculaires où figure un court texte de Jean Rouaud.
Par Louis Asselin le 2 juin 2005
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Naissance
il y a une soixantaine d’années dans le coin de Jérôme Bosch, à Peer en
Belgique. Puis Bruxelles, Tel Haviv, Brésil (Amazonie avec indiens),
Atlanta et Provence…
A vécu de la bande dessinée. Dessinateur et scénariste à succès dans les années 70. A créé le personnage d’Archie Cash. Puis a disparu de la circulation. Mais a toujours peint.
Déclic des Beaux-Arts à l’âge de 4 ans lorsque son père revint de captivité avec une masse de peintures du même paysage.
A produit ces deux dernières années 170 pièces dont une cinquantaine de toiles – le reste, ce sont des dessins d’une extrême minutie (exemple ici), réalisés à la plume à profiler trempée dans du brou de noix (utilisé pour colorer les meubles).
Trait particulier : a constaté la force érotique de l’odeur de térébenthine ; de ce fait, aime dégouliner de peinture chez lui et à l’extérieur…
Expérience spéciale dont il est fier : un jour, une femme s’est évanouie devant un de ses dessins…
Epilogue, le peintre flamand devenu provençal commence à mettre des couleurs sur ses toiles…
Par Louis Asselin le 2 juin 2005
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Haut niveau général de l’intimité.
Regarder ces peintures n’est pas une épreuve d’interprétation, pas un mur de silence. C’est une invitation à l’introspection, un plongeon en son for intérieur. Brouyère, un agent de voyage privé ?
Plus je regarde ces peintures, moins je les regarde : malgré moi, au bout d’un moment, les regarder me conduit ailleurs, je pense à autre chose ; elles m’évadent. Je reviens à moi, et le tableau, en soi, me semble bien secondaire, purement physique.
L’objet d’art est (peut être) un objet de communication pure : le producteur avec lui-même, le producteur avec le regardeur, le regardeur avec lui-même et enfin, les regardeurs entre eux.
Confessionnal et psychanalyste ont un concurrent inattendu : l’objet d’art.
Par Louis Asselin le 2 juin 2005
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La peinture, du corps à corps.
Se frotter à la toile, jour après jour, mois après mois.
Coucher la matière colorée, et accoucher de souvenirs.
Transpirer la térébenthine et l’huile de lin.
Densité de la touche, lenteur du contact.
Apparition, disparition, effleurement, affleurement d’informations hautement privées.
La peinture, la couleur, medium de choix : l’encre sympathique de la mémoire coule.
Détail
Par Louis Asselin le 1 juin 2005
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L'artiste prend toutes les postures de l'artiste. Les mots surtout. Dommage de tout gâcher par les mots car, en soi, ce n'est pas vilain.
Depuis quelques années, je le croise sur les marchés d'art en direct. La dernière fois, c'était au Sm'Art de Martigues. Il se présente -je lis sur son flyer- comme le chef de file du mouvement de zapping pictural.
Créer un mouvement, ça donne de l'importance. En être le chef de file, encore plus. Sauf que le zapping pictural, c'est bidon. Et être le chef de file d'un mouvement bidon créé par soi-même et qui ne comprend que soi-même, ça mérite sinon une exécution verbale au moins un trait souligné au crayon noir et gras. Un entartage est envisageable aussi.
Je lis ce texte ridicule signé d'Alexandre Klaspinkov (je doute de l'existence de ce personnage) :
"Par la fragmentation du sujet, les vastes compositions du jeune peintre Christian Jodin réinventent une esthétique de la lumière et de la couleur. Chaque oeuvre de Christian Jodin [deuxième citation du nom pour que ça rentre dans ma tête] est à la fois unique et en même temps une oeuvre multiple : il suffit de la faire tourner sur elle-même... et le zapping pictural prend tout son sens.
Un tel brasier de couleurs n'est pas sans rappeler une certaine idée de liberté, de rupture, voire d'émancipation, une façon de conquérir... jusqu'à l'abstraction. Christian Jodin joue avec la touche de couleur, jusqu'à la faire sortir de la toile... et ainsi la libérer.
A travers la géométrie particulière de l'espace, il donne une optique quasi hypnotique, avec des variations de couleurs sans pareil.
[Attention, là on surfe du sommet du mont Abscon vers la vallée Imposture]
Ce "zapping pictural" et prismatique permet de recomposer à volonté l'oeuvre selon une approche globalisante, inédite et très novatrice dans la production de l'art contemporain.
L'énergie qui se dégage de ce travail explique le succès rencontré par Christian JODIN ces dernières années, tant par les multiples expositions internationales que nationales, de Paris à Monaco en passant par Pékin et Berlin."
Le dernier JODIN est en majuscules pour bien frapper la tête.
Marketing artistique parfait pour le gogo.
Par Louis Asselin le 30 mai 2005
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Jean-Marie Chica-ventura peint depuis une quinzaine d'années - son atelier regorgerait de 800 toiles...
Mais les peintures montrées sur ce blog sont récentes.
La première (ci-dessus) date de 2000. Elle montre Manhattan en feu, comme possédée par un démon dévastateur… Le 11 septembre 2001 est arrivé et la vision de sa peinture, prémonitoire, émouvante et angoissante, a déclenché sa période « ruines et déchets ».
La seconde peinture (ci-dessous), réalisée sur du placoplâtre, date de 2001 : il s'agit des ruines de Belchite - ce village espagnol bombardé par les troupes franquistes où Chica-ventura s’est rendu. Elle s’intitule « Le dernier témoin » (El ultimo testigo). Un hommage, aussi, à son grand-père résistant républicain.
Curieux et amateurs peuvent rencontrer Jean-Marie tous les samedi au marché d'art en direct du boulevard Richard Lenoir à Paris (de 9 à 19 heures)
Par Louis Asselin le 30 mai 2005
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Désolé,
les reproductions photographiques présentées dans ces 3 notes sur
Chica-ventura ne sont pas fidèles à la densité de sa peinture, à
l’éclat sophistiqué de ses couleurs. En vrai, ça saute aux yeux, et
j’aimerai avoir glissé un micro espion derrières ces toiles pour
écouter les commentaires interloqués, saisis ou persifleurs des
visiteurs du salon Sm'Art.
Sm’art : le salon méditerranéen d’art contemporain et d’art abstrait, qui se tenait à la Villa Khariessa du 21 au 23 mai à Port-de-Bouc – ancien atelier du peintre Henri Girard.
Mauvais esprit, je n’ai pas pu m’empêcher de faire remarquer à l’organisatrice combien la beauté des lieux était telle que les visiteurs risquaient de ne pas regarder les œuvres de la soixantaine d’artistes...
Erreur de ma part, j’ai eu quelques vraies bonnes surprises –comme le peintre Chica-Ventura- tout comme de vraies mauvaises surprises.
Des mauvaises surprises, j’en parlerai. Un devoir d’en parler. Tous les artistes qui osent se montrer dans l’espace public prennent le risque de s’exposer à la critique. Ne pas succomber sous l’empire du Bien et de l'arnaque artistique…
Les jardins du Sm'Art à la Villa Khariessa
Par Louis Asselin le 30 mai 2005
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Allez-y, allez-y promeneurs de l’art, regardez ce travail.
J’aime bien les artistes qui se coltinent " la réalité du monde ", celle qui ne séduit pas, qu’on cache, grossière, où les fleurs, les oiseaux et l’amour ne sautent pas aux yeux.
J’aime aussi les artistes qui ne se réfugient pas dans l’abstraction, devenu facilité artistiquement correcte – je sais, j’exagère en me représentant l’art abstrait comme une forme d’embourgeoisement de l'artiste…
Je l’ai déjà écrit dans ce blog, j’apprécie Jean Hélion : devant « la réalité de monde », effective ou pressentie, il a su se détourner de l’abstraction après avoir été pionnier dans ce domaine.
Jean-Marie Chica-Ventura – espagnol d’origine- se coltine des sujets pas faciles depuis plusieurs années : les ruines puis les déchets. Peindre la casse, les casses. Ci-dessus, "la lune dans le caniveau", ci-dessous "crépuscule d'enfer"...
Nous sommes d’accords je pense : ce sont des sujets de société moralement inesthétiques. Je trouve ces peintures très belles. Oui, j’aimerai accrocher sur mon mur ses amoncellements de poutrelles, ses mikado de déchets, ses tas de rebus… Quels jeux de construction… J'en reste pantois, les yeux écarquillés, à l'écoute...
Par Louis Asselin le 29 mai 2005
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Seconde livraison du "Musée du Monde" : Vermeer
Il semble que les ouvrages consacrés à Vermeer commencent souvent par : "on connaît peu de choses de la vie de Vermeer (...)"
En résumé : il fut aubergiste, marchand d'art et peintre ; son épouse accoucha de quinze enfants. Il peignit en moyenne deux oeuvres par an. La guerre franco-hollandaise qui éclata en 1672 appauvrit sa famille (qui disposait de rentes agricoles) et l'empêcha de vendre ses toiles. Affliction et pauvreté sont, semble-t-il, responsable de sa disparition à 43 ans.
L'ouvrage est donc organisé par thème : religion et moralité, amour, travail, sciences et arts...
Nota : dans son tableau personnel d'évaluation des peintres, Dali donne à Vermeer 20/20 dans toutes les catégories - à l'exception d'un 19/20 au registre de l'originalité...
Par Louis Asselin le 28 mai 2005
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Voilà
un petit livre bien vivant, qui aurait pu s'intituler "Histoire
anecdotique de Dali". L'auteur, qui tient la galerie Furstenberg à
Paris, et dont les parents étaient dans l'édition d'art de Dali, est
tombé à sa naissance dans l'univers dalinien.
Au moins, on ne s'ennuit pas et c'est richement illustré - plein de photos du Maître en situation.
On y apprend que Dali était un homme très consciencieux : un jour, il reçoit un appel du musée de Washington, qui lui signale que sur son célèbre tableau La Cène, acquis une dizaine d'années auparavant, le jaune du centre de la toile commencer à virer. Il se rend immédiatement sur place avec son secrétaire...
Dali, célèbre pour sa clownerie et ses frasques était d'une culture encyclopédique littéraire et scientifique, a écrit nombre de livres, dont un pamphlet intitulé "Les cocus du vieil art moderne" (les peintres abstraits) et notait les peintres, dont lui-même (tableau d'évaluation ci-dessous). Remarquable : le 0,5/20 de Mondrian dans la catégorie "originalité".
Edité chez Timée-Editions, "Des livres ouverts sur Internet"
Le site officiel de Dali : www.salvador-dali.org
Par Louis Asselin le 27 mai 2005
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Reculez encore - de quelques pas cette fois.
Vous allez gagner en esthétisme. Vous entrez dans les tectoniques des corps humains, où les plaques et zones colorées font de vous un géologue et géographe averti des émotions charnelles. A sept ou huit mètres, il est temps de s’installer dans un confortable fauteuil, que j’imagine en vieux cuir rugueux, et de se plonger dans un état proche de la méditation des sens : évocations, souvenirs, perspectives, rêveries…
La force de l’équilibre de cette tactique des contacts physiques reste mystérieuse : l’ensemble ne se laisse pas cerner. Les positions et les membres se dérobent pour laisser s’immiscer d’autres aperçus. Les toiles Ligne d’attraction et Le bras jaune sont des tours de passe-passe où l’érotisme se dévoile au détour d’un rapprochement de deux bras ou d’une épaule bien galbée. Sur d’autres, les ombres des couleurs ou l’association et la juxtaposition de verts et de mauves suggèrent non seulement les humeurs de la chair, avec ses zones chaleur et de froideur, mais aussi des courants qui remontent dans le champs des émotions et du cérébral, avec mille et une variations.
Vus du fauteuil, l’orchestration papieriforme lavée à grandes eaux et l’agencement des masses de couleurs continuent à servir l’anatomie de ces êtres en communication et le rendu des sensations, mais ces corps à corps deviennent tour à tour des façons sentimentales, des entrelacs amoureux, des enfouissements, des dialogues feutrés, des moments de remise en question, de réflexions, d’essais, de séparation, de retrouvailles, d’incertitudes ou de sédimentation.
La guerre du goût est suspendue.
Où voir le travail d'Etienne Gros ?
Galerie Jas de la rimade
Vidéo clip : atelier de l'artiste et galerie Maig Davaud
Par Louis Asselin le 27 mai 2005
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Vous avez devant les yeux une soupe originelle : les éléments primaires d’une oeuvre de stylisme des sensations érotiques.
Reculez d’un coup et d’un pas : une sorte de corps à corps surgit. Vous l’avez à portée de mains, il semble sortir de son cadre, en relief, comme des corps momifiés au cours de leur joute, devenus minéraux, mais traversés de zones de couleurs, témoignage éternel du parcours des vibrations charnelles, de leur cheminement.
Cette même approche des toiles intitulées De dos à dos procurent aussi cette étonnante impression de courant électrique, de chaleur, où les tâches de couleurs, leurs formes, les dégradés ou les transitions brutales transmettent l’étendue et l’intensité des sensations.
Voyez-là sur ce petit triptyque ces zones de papiers rouge, c’est comme si vous mettiez le doigt, la main ou une partie de vous sur ces parties chaudes, juste pour toucher ; et vous voici, vous aussi, revêtu des émois de la chair, les couleurs dans la peau.
Par Louis Asselin le 27 mai 2005
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Le voile de froideur est levé. Regardeur, tu dois te sentir humain, sensible et sensé.
Il y a plusieurs façons d’aborder –je veux dire physiquement- le travail d’Etienne Gros. Plutôt que de voir venir la toile et de s’en approcher, je recommande le contraire : fermez les yeux avant d’entrer dans la salle et demandez à quelqu’un de vous conduire jusqu’à la toile, le nez collé contre elle et donc les yeux situés à trois ou quatre centimètres au maximum.
Je conseille d’essayer avec un grand format. Exigez par exemple celui intitulé La tension et demandez qu’on vous place devant la partie aux couleurs les plus vives jaune orangé. Ouvrez les yeux, ne bougez pas : examinez les éclats et les grains de papiers peints éparpillés en tous sens - comme le serait un papier mural griffonné, crayonné, peinturluré, tailladé, le tout suivi d’un dégât des eaux et d’un long séchage. C’est comme un champs de bataille papieriffère, jonché d’espèces colorées ou décolorées difformes et insensées. Plutôt étrange ce No man’s land, direz-vous. Entre nous, ce microcosme peinturluresque est l’antithèse de « mon » macroscopique carré jaune.
La toile carrée ici présente est nommée « le jeune jaune »
Par Louis Asselin le 24 mai 2005
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La crise de la presse quotidienne généraliste a ceci de bon qu'elle l'oblige à se doter d'accessoires séduisants.
Le Monde vient de démarrer son "Musée du Monde" : l'édition datée du samedi inclut un livre d'art consacré à un artiste peintre (très connu). Le surcoût est de 4,45 euros.
La série a commencé vendredi dernier avec Matisse.
Le texte (traduit de l'allemand) mêle description académique et biographie.
M'enfin, je dis bravo. C'est joliment fait.
Cette peinture de 1939 (La Musique) témoigne de l'insouciance et de la joie de vivre de Matisse à la veille de la guerre. Ni le noir de l'entrefeuillage, ni le sourcil légèrement froncé de la musicienne n'indiquent la moindre dose d'angoisse chez le peintre.
Par Louis Asselin le 23 mai 2005
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Longtemps
après seulement, j’en ai appris sur la vie de l’artiste. L’art trouvé
au bout de ses difficultés. Une formation de plombier et 20 ans de
toxicomanie, voilà qui ne prédispose pas à un débouché artistique… Un
jour, au cours d’une psychanalyse, il s’est découvert un intérêt et un
talent pour le dessin et la peinture. Bigre de bigre, l’art est inutile
?
J’apprécie l’universalité sociale de sa « clientèle ». Le voilà réaliser une grande fresque pour une boulangerie ou décorer l’intérieur d’un publicitaire au sommet de la « branchitude ».
Puis j’ai perdu sa trace. Récemment, je me suis dit que ce blog art était une bonne occase de lui rendre un petit hommage. Il mériterait même un « catalogue ». Avis aux éditeurs.
Il m’a fallu près de 10 jours pour retrouver sa trace. « On » m’a dit que je pourrais le contacter au bar Le Majestic à Saint-Jean-de-Luz, son QG. Et voilà, j’apprends qu’il a réalisé un premier disque (pas mal l’animal !) et dessiné une ligne de vêtement. 44 ans, un artiste multimedia au bout du tuyau.
Ses peintures : Galerie Latina, rue Tourasse à Saint-Jean-de Luz. Ou sur commande.
Pour discuter avec lui : bar le Majestic, place Louis XIV…
Par Louis Asselin le 23 mai 2005
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Je suis tombé en arrêt devant sa peinture.
Extravagance journalière des formes, des allures, des postures. Mais équilibre général. Et les couleurs bon sang !
Un monde enchanté, avec une note joliment burlesque. Sans complexe, avec vaillance et bonhomie, l’être humain tente sa chance au jeu de la légèreté.
Une peinture réjouissante, jubilatoire. Je jubile. C’est ça.
Excentricité et harmonie. Sens aigue du détail et de la mise en scène.
Profondeur de l’extraversion. Franche rigolade.
La première fois, je suis bien resté un quart d’heure sans rien dire, à examiner « les choses ». Personne n’est venu me donner des explications, me sortir de ma stupeur. Je prenais tranquillement mes distances et mes repères avec mon coup de foudre artistique.
Par Louis Asselin le 23 mai 2005
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Pourquoi j’aime sa peinture ? Mais pourquoi faut-il donc se poser ce type de question ? Une singerie…
Et n’est-ce pas une véritable idiotie que de vouloir toujours comprendre une œuvre ? Un simulacre rabat-joie. Le plus sûr moyen d’éloigner l’art du public le plus large
Les analyseurs se mettent-ils une seule seconde dans la peau de l’artiste ? Savent-ils ce qu’est le plaisir de la couleur et du pinceau qui glisse sur le papier ?
Je me souviens, c’était vers 1996.
La peinture longonienne, le genre d’art qui m’a donné envie de « consommer », donc de travailler. Chez moi, il n’y avait pas d’objet domestique, ni machine à laver, ni ustensile gros ou petit. Quel intérêt ? ça prend de la place, c’est purement fonctionnel et c’est pas beau.
Son art m’est apparu comme une bonne raison de gagner –un peu- d’argent afin, justement, d’acheter de ses peintures. Acheter un objet d’art, ce n’est pas acheter un objet, c’est d’abord un acte d’échange, un acte social, un acte presque fraternel… Oh oui, je sais bien, tous les artistes ne méritent pas de fraterniser. Certains n’ont plus besoin de trouver leur public.
Ce n’était pas non plus un luxe. Puisque je ne possédais rien. Juste une voiture suffisamment ringarde pour que personne n’ait l’idée saugrenue de la voler.
Par Louis Asselin le 12 mai 2005
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Aller, un peu d'actualité galérienne : ce soir, vernissage de l'exposition "Les couleurs vives de la Russie Blanche" à l'International Stella Galerie*.
L'intitulé de l'expo est déjà une peinture en lui-même...
Les trois peintures ici montrées donnent une idée de la variété de l'exposition.
* jusqu'au 31 mai, 19 avenue de Ségur, Paris 75007.
Par Louis Asselin le 10 mai 2005
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Une artiste peintre hollandaise
Qui peint depuis 30 ans avec un style reconnaissable - ce style, ces histoires.
Dont le style n'a pas été reconnu dans son pays.
Jusqu'à ce que l'incontournable et massif Botéro soit lui-même suffisamment connu en... Hollande.
Maintenant, elle a ses collectionneurs.
Première exposition éclair en France, en ce moment, jusqu'au 12 mai, à Cotignac au Cercle des Arts (Var).
Par Louis Asselin le 6 mai 2005
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J'aime la peinture de Jean-Pierre Valat, mais là ce soir, je préfère me taire presto.
Allez visiter son site. Et si vous souhaitez le rencontrer, il est du 4 au 8 mai au "Grand marché d'art contemporain" situé autour du bassin de la Bastille (à Paris).
Pourquoi faire silence ? Parce que je viens de lire sur son site un texte d'un "historien et critique d'art" et que cela m'a donné mal, non pas au crâne, mais au ventre. Etre inspiré, c'est bien, mais quand on ne l'est pas, ça peut tourner au tragique : pédant, abscons et bourré de vide. Bigre, rien ne vaut la clarté, la simplicité (surtout faute d'inspiration).
Je livre sa dernière phrase : "Valat établit les éléments de jonction des attirances Orients et Occidents dans une pluralité dynamisante." Aïe ! mon ventre !
Le pire, je crois, ce sont les deux derniers mots : "la pluralité dynamisante"...
Sachons une chose : tout, absolument tout peut être considéré comme une "pluralité dynamisante"... Mes pets, par exemple, sont une pluralité dynamisante.
Bon, si vous voyez JP Valat, dites-lui de faire sauter ce texte. Merci. Bonsoir.
Par Louis Asselin le 29 avril 2005
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Cette peinture se nomme "Paysage". Un couple de touristes américains s'extasiait devant ce qu'il pensait être la Baie des Anges. Après éclaircissements, ils ont tout de même emporté la toile.
Lacroix
peignait dans son atelier lorsqu'un homme et une femme surgirent. Avant
même qu'elle ne sèche, ils avaient mis la main dessus.
Galeries
Aux Etats-Unis : Gallerie des Artes
Au Danemark :Galerie Cobra
Illustrations
Poèmes « paillards, licencieux, cannibales », d’Alain Lefeuvre, Rien ne vaut la peau, ouvrage de bibliophilie, édité chez Jane Otmezguine (otz@wanadoo.fr)
Poésies de Victor Varjac, l’homme imaginaire, éditions Melis.
Par Louis Asselin le 29 avril 2005
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Au-delà :
Du figuratif, de l’abstrait
De l’expressionnisme, de l’impressionnisme
De la gaieté, de la mélancolie
Du classique, du moderne
Des pays
Des classes sociales
Des métiers
Des amateurs en Angleterre, au Danemark, Etats-Unis, Mexique, Israël, Allemagne, Autriche... En ville, à la campagne...
Ingénieur, fleuriste, cuisinier, prof de lettres, bistrotiers...
Collectionneurs ou novices
Par Louis Asselin le 29 avril 2005
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Un village perché, dans le Haut Var, la dernière maison, ruelle du Nord.
Des femmes nues très habillées. Vêtues de couleurs.
Matières premières : le corps féminin et un gisement colorifère
Un traité des sensations colorifères
Une peinture, des sensations, projections de couleurs
Des émotions se répandent en couleurs
Des formes féminines, lieux de contacts
Impressions colorées rencontrent Expressions colorées
Club de rencontres de couleurs.
Par Louis Asselin le 20 avril 2005
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La galerie Schoeni à Hong Kong est un repère d'artistes peintres chinois contemporains.
Les deux huiles joyeuses et inclassables sont l'oeuvre de Wang Yi Guang -inspirées de ses souvenirs du Tibet.
La "muraille d'enfants" et le "conciliabule intime sous la lune" sont de Zhang Lin Hai et de Zhu Yi Yong - ces deux peintures illustrent la variété des styles en Chine d'aujourd'hui - une révolution.
Par Louis Asselin le 18 avril 2005
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La peinture chinoise n’est plus ce qu’elle était. Et ne sera plus ce qu’elle est…
Aujourd’hui, le dessin et la peinture ; demain la vidéo et la photo. La Chine ne compterait qu’environ 300 peintres modernes… Mais ça tourne. La peinture est coriace.
1er tour de ma série chinoise : la galerie Hanart, située à Hong Kong. Zheng Fanzhi est un de leurs peintres modernes fétiche. Visitez leur site, vous verrez son penchant occidental, en particulier une peinture intitulée « The Pope ». L’actualité est une aubaine, bigre !
Oscar Wilde rappelait une différence essentielle, selon lui, entre un Anglais et un Français : un artiste anglais cherchera toujours à s’embourgeoiser, tandis qu’un bourgeois français regrettera autant qu’il peut de n’être pas un artiste.
Bon, je me permets de rappeler qu’ Hong Kong s’est détaché du Royaume Uni il y a 8 ans : les artistes chinois pourraient s’en souvenir. Je remarque aussi que les yeux ci-dessus sont débridés…
Je serais preneur d’une huile hyper réaliste : une rangée de petites mains chinoises en train d’assembler des "Nike" - une peinture à l’américaine, façon Hopper. Qui passe commande pour moi ?
Par Louis Asselin le 16 avril 2005
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Arlette Martin... Quel nom pour de l'art naïf... Je suis tombé sur sa peinture naïve dans un petit salon d’art rural.
Dextérité, richesse, fantaisie, énorme travail.
J’ai tenté de discuter avec elle, mais un petit homme nerveux (son mari retraité) s’est interposé illico. Il m’a déclaré s’occuper des choses « pratiques et commerciales » - le spécialiste relation-client et relations publiques de sa femme si vous voulez. Non seulement il monopolisa la parole en m’administrant une haleine repoussante, mais ses propos furent secondaires, strictement mercantiles, matérialistes, inappropriés et inintéressants. Au point que n’importe quel amateur potentiel aurait été dissuadé d’aller plus loin.
Mais je voulais écrire un article sur cette peinture naïve...
Après deux coups de fil, au cours desquels il s’est emparé du téléphone à la place de sa femme, j’ai réussi à le convaincre d’un rendez-vous en lui expliquant que je n’allais pas lui demander de l’argent. Il venait de dépenser plus de 1000 euros pour « présenter » au public le travail de sa femme et elle n’avait rien vendu. Un homme traumatisé quoi. Impossible de vendre avec un tel vendeur ! Une calamité, et elle a dû s’imaginer n’avoir pas de talent…
A l’heure H, stupeur, il vint sans sa femme, sans un seul document et me ressortit les mêmes anti informations que la fois précédente. Je lui expliquai à nouveau que mon intérêt n'allait rien lui coûter, que passionné d'art, j’avais envie d’écrire un article sur l’œuvre de sa femme. Je me sentis même obligé de lui montrer ma carte de presse.
Et pendant qu’il radotait je ne sais plus trop quoi – ah si, au lieu de savoir parler de son épouse, de son art, de ses sources d’inspiration, il m'expliqua avoir été garagiste puis ouvrier magasinier -, je songeais à cette pauvre femme, bridée, calfeutrée, rabrouée, détenue durant plus de 30 ans avec cet infâme geôlier. Elle et son talent auraient dû s’émanciper.
Je fichai le camps. L’air de rien, un drame, un harcèlement, une tristesse, un gâchis… oh, elle ne risque pas sa vie, non, juste son existence...
Et je n’ai pas même un visuel à montrer sur ce blog…
Liberté pour Arlette Martin !
Par Louis Asselin le 14 avril 2005
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Une petite plage du littoral varois tôt le matin. Une jeune fille marche seule. Un policier en uniforme vient à sa rencontre. Ils se disent quelques mots et repartent ensemble sur le sentier qui les mène jusqu’à l’embarcadère. Marche en silence. La nature s’éveille.
A l’approche du village, elle demande au policier s’il aime la peinture. Il répond qu’il est au courant de tout.
Une vedette policière la ramène vers le port d’Hyères. Des hommes l’interrogent. Elle dit avoir passé la nuit sur l’île de Porquerolles. Dans le but de peindre la lumière unique des îles d’Hyères au lever du jour.
L’histoire se termine, là, dans le sillage de la vedette, avec l’Ile qui s’éloigne.
La course contre la montre que les enquêteurs viennent d’endurer pour retrouver l’œuvre d’art au plus vite contraste avec l’absence de violence, la fluidité, la lenteur, un certain silence, la beauté des lieux et de la jeune fille.
Par Louis Asselin le 13 avril 2005
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Humain en cours de décomposition télévisuelle
Homo télespectatus mitraillé par bombe cathodique
Pixellisation de la chair devant TV
Vermine télévisuelle mange homme
The FalseMan Show
Demeuré désintégré devant la télé
Dissolution spectaculaire de l’Être
Arme TV de destruction massive
Flirt humain sur Canal Néant
Le peintre : Albert Szamosfalvi
Par Louis Asselin le 11 avril 2005
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A tous ceux qui vont ou qui sont à la montagne, pas trop loin de la frontière Italienne, je recommande une descente vers Turin. La neige sera au rendez-vous. Je vous la garantis jusqu’au 15 mai.
L’eau, la terre, l’air, le feu et… la neige. A la Linea d'Ombra, vous verrez les toiles des impressionnistes français et d’Europe. La neige, le cinquième élément des peintres… Gli impressionisti e la neve.
Par Louis Asselin le 11 avril 2005
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Comment s’emparer d’un des tableaux les plus célèbres au monde ?
Mettez une cagoule, venez avec un compère, portez une arme ; vous entrez dans le musée comme tout le monde aux heures d’ouverture ; là, vous faites peur à la gardienne et tournez en rond histoire de trouver la salle au trésor ; vous décrochez le chef-d’œuvre, l’emportez sous le bras, le faites tomber à deux reprises dans votre précipitation et, avant de sortir, vous vous tapez contre une porte vitrée ; enfin, vous montez dans votre voiture noire.
8 mois après son cambriolage au Musée Munch à Oslo le 22 août 2004, « Le Cri » de Munch n’a toujours pas été retrouvé. Mais un suspect a été arrêté samedi dernier.
Voler des toiles d’Edvard Munch semble être un sport national en Norvège : 1988, 1994 (le jour de l’ouverture des JO de Lillehammer) et enfin 2004.
Dans un sens, c’est logique : voler des Munch, surtout « le Cri », c’est comme capturer les états existentiels de l’âme scandinave. Avec un brin d’imagination, envisageons les possibilités suivantes :
- un puritain souhaite dérober au regard du public les états d’âme des norvégiens – il ne sera tranquille que lorsqu’il aura volé tous les Munch ;
- un psychanalyste souhaite soustraire au regard du public les états d’âme norvégiens pour les en guérir – lui aussi ne sera satisfait que lorsqu’ils seront tous dans son cabinet (officiellement des reproductions) ;
- une arrière petite fille naturelle de Munch n’a pas apprécié de ne rien hériter…